Lettres et langues

  • Objet singulier et pourtant pluriel, se prêtant à la rêverie autant qu'à la réflexion, le livre est d'abord une marchandise : il se fabrique, passe des mains du vendeur à celles de l'acquéreur, il s'offre ou se troque, ou encore se vole...

    Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, et sur tous les continents, des femmes et des hommes de passion ont permis aux auteurs de diffuser leurs idées, leurs savoirs, leurs oeuvres, et aidé les lecteurs de tous âges, lettrés ou non, à faire provision de culture et de découverte. Au fil des siècles, ces transmetteurs ont inventé un métier, puis l'ont partagé, se sont unis en corporation, ont établi puis agrandi des librairies, sans jamais cesser de renouveler leurs pratiques.

    C'est l'histoire de tous les libraires et de leurs commerces qui est ici retracée.

    Nous guidant à travers les arcanes d'une industrie culturelle majeure placée de tout temps à la croisée entre le monde des idées et celui de l'économie, Jean-Yves Mollier retrace minutieusement les méandres des chemins menant le livre vers son lecteur. Ce faisant, il rend hommage aux libraires, ces indispensables « passeurs culturels », dont il rappelle avec sympathie et conviction l'importance du rôle social - un rôle d'autant mieux perçu aujourd'hui que celui-ci est concurrencé par des algorithmes.

  • « Femme, réveille-toi; le tocsin de la raison se fait entendre dans tout l'univers; reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin de recourir aux tiennes pour briser ses fers. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa compagne. Ô femmes! femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles?» Un ton résolument frondeur, une langue énergique, un propos engagé, par l'une des grandes voix féminines de la Révolution française.

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  • « Les mots sont mes plus chers compagnons. Chaque jour, je joue avec eux, je les manie avec délectation. Ils offrent une infinité de portes ouvertes sur le monde pour le décrire, le transformer, s'en échapper. Choisir comme dans une boîte à outils le mieux adapté, le plus exact, le plus inattendu : quel bonheur !
    C'est ce goût des mots que je m'efforce de transmettre aux jeunes que je forme à la prise de parole en public ou que je rencontre à l'occasion de ces concours d'éloquence qui, partout, fleurissent depuis quelques années. » Après La parole est un sport de combat, Bertrand Périer poursuit son exploration de la langue française et nous invite à partager avec lui le plaisir du mot juste. Un livre ludique et stimulant, où se dessine également le portrait décalé d'un défenseur d'une parole sincère et authentique.

  • Ce livre n'est pas un manuel de grammaire rébarbatif mais bien plutôt une passionnée et très amusante déclaration d'amour au français.

    Il propose une approche ludique, vigoureuse et tendre, qui vise à décorseter notre langue pour se l'approprier, la prendre, et l'apprendre.
    Il est question de rimes embrassées, d'accords, de liaisons scandaleuses, du temps qui passe, de naissances, de changement de genre, de jeux et de faux semblants, de la chair d'un mot et de la caresse d'un accent.

  • «On a parfois dit que le chinois n'avait pas de grammaire. On l'a cru parce que la part essentielle de cette grammaire est un jeu de gestes imaginés et sentis. Parce qu'ils forment un ensemble cohérent et simple, les Chinois n'ont jamais éprouvés le besoin de les signaler par des marques visibles dans leur écriture et n'ont par conséquent jamais explicité la grammaire de leurs langues comme nous l'avons fait des nôtres.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Celui-ci met en lumière ce qui est le caractère propre du chinois, et qui n'a pas été aperçu jusqu'ici?: dans cette langue, dont les mots sont monosyllabiques et invariables, la phrase naît de gestes intérieurs qui les relient comme la phrase musicale naît du geste intérieur par lequel le musicien lie les notes de la partition. L'auteur montre que toutes les phrases que l'on forme en chinois naissent de cinq gestes et de leurs combinaisons. Il apprend au lecteur­­­­­ à les exécuter, sur des exemples, car ce n'est qu'en les exécutant soi-même qu'on les comprend - comme en musique.
    Les Gestes du chinois s'adresse à plusieurs catégories de lecteurs?: ceux qui apprennent cette langue et qui l'apprendront mieux?; à ceux qui l'enseignent et l'enseigneront mieux?; à ceux qui, sans l'apprendre ni l'enseigner­­­­­, désirent s'en faire une idée, par goût pour les langues?; enfin à ceux qui s'interrogent sur le phénomène extraor­dinaire qu'est le langage humain.

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  • «L'élève doit se souvenir des mots nécessaires, les mettre dans le bon ordre (c'est ce qui compte le plus en chinois), prendre son élan pour les mettre en mouvement afin que de leur suite résulte un geste signifiant. Il doit donner de la voix, veiller à ce que les sons soient chinois, à ce que les tons soient justes et s'enchaînent naturellement - tout en me regardant comme on le fait lorsqu'on s'adresse à quelqu'un, car parler, c'est cela?: dire quelque chose à quelqu'un. Pour l'enseignant, la première règle de l'art est le respect absolu du travail qui s'accomplit à ce moment-là dans l'esprit de l'étudiant. Je ne bouge pas tant que ce travail est en cours.» Le sinologue Jean François Billeter publie simultanément Les Gestes du chinois et L'Art d'enseigner le chinois, deux brefs essais indépendants­­­­­, mais jumeaux.
    Dans celui-ci, il tente de faire, sous une forme brève, la synthèse de l'expérience qu'il a acquise au fil des années en enseignant les premiers éléments de cette langue, tâche qui lui a toujours paru la plus importante et la plus intéressante. Il parle d'un «art» parce que, pour bien enseigner cette langue, dit-il, il ne suffit pas d'appliquer une méthode. Il faut développer une activité plus subtile et plus complète, fondée sur une intuition juste de ce que sont le langage, la parole et la conquête de la parole en général. C'est donc aussi de cette intuition juste qu'il s'agit ici.
    Mais, pas plus qu'on ne peut parler de musique sans faire de la musique, on ne peut traiter de la forme que la parole prend en chinois sans faire un peu de chinois. C'est pourquoi le lecteur est invité à s'approprier quelques phrases caractéristiques et à comprendre­­­­­ par là comment on entre dans cette langue.

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  • « Ce livre parle avant tout d'amour : le grec ancien a été l'histoire la plus longue et la plus belle de toute ma vie. Peu importe que vous connaissiez le grec ou non.
    Si c'est le cas, je vous dévoilerai des caractéristiques de cette langue dont personne ne vous a parlé au lycée, quand on vous demandait d'apprendre par coeur conjugaisons et déclinaisons.
    Si ce n'est pas le cas, c'est encore mieux. Votre curiosité sera comme une page blanche à remplir.
    Qui que vous soyez, cette langue recèle des manières de s'exprimer qui vous permettront de vous sentir chez vous, de formuler des mots et des idées qui ne trouvent pas d'expression exacte dans notre langue. »Andrea Marcolongo réalise l'exploit de parler de « choses anciennes » de la manière la plus printanière et moderne qui soit. Robert Maggiori, Libération.Une fée philologue nous enchante. Lucien d'Azay, Le Figaro littéraire.L'allégresse, l'humour, la sensibilité habitent cet essai. Roger-Pol Droit, Le Monde des livres.Traduit de l'italien par Béatrice Robert-Boissier.

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  • Qu'est-ce que le théâtre? Pour Molière, c'est l'« étrange entreprise [...] de faire rire les honnêtes gens ». Victor Hugo y voit un art qui « doit faire de la pensée le pain de la foule », et Louis Jouvet « un objet qui soit comme un vrai objet et qui soit faux ». Siècle après siècle, le théâtre fourmille de trajectoires romanesques en diable, de songes et de rêveries, de conflits et de complots, de drames et de passions. Témoin de l'Histoire, du temps, de l'évolution des moeurs et des révolutions esthétiques, il secoue, provoque, séduit, traite d'à peu près tout et cultive aussi bien la surprise que l'émerveillement. Flânerie à travers les rages et les espoirs de quelques caractères bien trempés qui n'ont jamais sacrifié leur talent au moule du conformisme, ce « goût du théâtre » se savoure en compagnie de Sarah Bernhardt, Bertolt Brecht, Albert Camus, Jacques Charon, Denis Diderot, Alexandre Dumas, Dario Fo, Charles Dullin, Eugène Ionesco, Henry de Montherlant, Giorgio Strehler, Jean Vilar...

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  • Valet noir ; vers une écologie du récit Nouv.

    C'est aux abords de la nuit que les hommes racontent des histoires.
    Des Guayaki de Pierre Clastres au chanvreur de George Sand et de Shéhérazade aux parents d'aujourd'hui, il existe un lien atavique entre l'usage du récit et la peur d'un univers livré aux puissances nocturnes.
    Ou plutôt : il existait. La domestication du monde a fini par dispenser l'imagination des hommes d'opérer la catharsis de l'effroi des lieux qu'ils habitent. Affranchie de son ancien rôle, la littérature ne célèbre plus que son propre office.
    Mais voilà que le monde change. Voilà qu'un nouveau contexte - hostile, inhospitalier - fissure nos systèmes de climatisation. Les désordres climatiques nous remplissent de terreur, l'agonie de la vie sauvage nous accable de pitié. Nous pleurons pour la planète et tremblons pour le futur. Ce nouveau sentiment tragique invite la littérature à sortir de sa réserve et à reprendre du service. Court-circuiter le réel n'est plus une solution. Licencier l'imaginaire n'est plus une solution. La hantise du contexte travaille de nouveau sous le plaisir du texte. L'économie de la fiction se réouvre aux cycles longs d'une écologie du récit.

  • Ce livre est un exercice d'admiration. J'ai eu la chance de rencontrer en Roland Barthes quelqu'un de totalement habité par la passion de la littérature et le désir de l'écriture, et qui avait la particularité d'écrire pour faire sentir ce désir, communiquer son éclat. D'écrire et d'enseigner. Il s'est agi pour moi en ces pages de faire exister Roland Barthes comme professeur, et plus largement, de souligner un certain nombre de valeurs que chacun de ses livres affirme, telles : l'amour de la langue, la différence au lieu du conflit, le goût du présent. Des valeurs sous le signe de l'harmonie, mais qui recèlent, s'il le faut, un pouvoir de résistance à tout ce qui se situe du côté du stéréotype, de la répétition mécanique, de la violence.

    C.T.

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  • Durant les années 1974-1975 et 1975-1976, Roland Barthes a tenu son séminaire à l'École pratique des hautes études sur le thème du discours amoureux. De là sont nés ses célèbres Fragments d'un discours amoureux. Le présent volume en propose donc la généalogie et permet de mesurer la différence entre le travail du professeur et celui de l'écrivain : fragments en germe dans le Séminaire mais non retenus pour l'édition définitive, postface (« Comment est fait ce livre ») finalement sacrifiée.

    On retrouve à la lecture de ce séminaire les fulgurances de Barthes (« Sentiment raisonnable : tout s'arrange - mais rien ne dure. Sentiment amoureux : rien ne s'arrange, et pourtant cela dure »), nourries, comme le veut le genre, de multiples références.

    Servie par un remarquable travail d'annotation, l'édition de ce texte privilégie la lisibilité pour le lecteur d'aujourd'hui.

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  • La story ou la storie ? C'est que cela change tout, le premier mot est anglais, le second est français. Mais lequel s'est manifesté en premier ? Qui a emprunté tel mot ou tel mot à l'autre ? Pourquoi y a-t-il tant de mots en commun ? À dire vrai, les surprises sont nombreuses parce que l'histoire des deux langues est mêlée de manière plus intriquée qu'on ne l'imagine. Pourtant, on a bien affaire à deux langues distinctes, l'une germanique, l'autre romane.
    À ces questions et à mille autres, on trouvera réponse dans ce passionnant voyage au coeur de la langue française. Grâce à son érudition époustouflante, Jean Pruvost conte pour notre plus grand bonheur l'histoire de la langue française. Mêlant nombreux exemples et anecdotes savoureuses à des explications parfois surprenantes sur l'origine des mots, Jean Pruvost signe là un ouvrage destiné à tous les amoureux de la langue française.

  • 1821. Baudelaire naît le 9 avril ; Flaubert, le 12 décembre. Trente-six ans plus tard, en 1857, la diffusion des Fleurs du Mal est interdite ; Madame Bovary , acquittée.
    Victoire du roman sur la poésie ? Poète maudit, Baudelaire le fut par excellence. De lui, on garde l'image du dandy excentrique, amateur de prostituées et de haschich.
    Un Baudelaire bohème crachant sur la modernité, pourtant lui-même éminemment moderne.
    Dans cet abécédaire, Carlo Ossola se propose d'aller y voir de plus près. D'« Abîme » à « Voyage » en passant par « Blasphème », « Horreur », « Paradis » et « Volupté », il nous montre un auteur complexe et tourmenté, assoiffé d'éternité. Un Baudelaire mystique, lecteur de Pascal, De Maistre et Poe. N'était-il pas celui qui, hanté par l'Apocalypse, a cherché à parler du divin sous un ciel vide de Dieu, un « ciel muet et ténébreux » ?
    Au milieu de visions et de délires, de tout ce qui peut délivrer de la solitude, il a regardé en face la mort et la décomposition non pour s'y complaire, mais en alchimiste : « Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »...

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  • L'année 2020 marque le centenaire de la publication des Champs magnétiques, « première oeuvre purement surréaliste » et moment de rupture majeur dans le domaine de la création littéraire. Ce texte d'André Breton et Philippe Soupault marque en effet la naissance de l'écriture automatique.
    Cette première exposition consacrée au surréalisme organisée à la BnF est centrée sur les années de jeunesse du mouvement, au moment où, sur les décombres de la Première Guerre mondiale, émerge un besoin radical de liquidation des valeurs passées et de renouvellement des formes d'expression.
    Le catalogue édité à cette occasion propose des éclairages inédits de ces pages fascinantes et révèle au grand public, avec des analyses neuves, certains des « trésors » de la BnF, comme le manuscrit de travail des Champs magnétiques (1919) ou celui de Nadja, réputé perdu, tout récemment retrouvé (l'une des plus importantes acquisitions patrimoniales de ces dernières années, jamais encore exposé).
    Si l'accent est mis sur le traitement novateur apporté par le surréalisme à l'écrit et au langage, la place est aussi faite à une grande diversité de supports, afin de rendre compte de la poétique surréaliste dans sa globalité. Les quatre sections - Guerre et esprit nouveau, Rêve et automatisme Manifestes et provocations, Amour et folie : Nadja, l'âme errante - qui rythment l'exposition structurent l'ouvrage, chacune organisée autour d'un document littéraire exceptionnel, auquel répondent tableaux, dessins, photographies, films, costumes, objets.
    Une vision kaléidoscopique pour restituer l'aventure de cette génération de poètes qui, au lendemain d'une expérience barbare, cria son dégoût pour le monde dans des éclats de rire sauvages.

  • Seigneurs, vous plaît-il d'entendre un beau conte d'amour et de mort ? C'est de Tristan et d'Iseut la reine. Ecoutez comment à grand joie, à grand deuil ils s'aimèrent, puis en moururent un même jour, lui par elle, elle par lui. Aux temps anciens, le roi Marc régnait en Cornouailles...

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  • Les écrivains sont des créateurs de mondes. Le Pays Imaginaire, la Terre du Milieu, Narnia, la forêt des Rêves Bleus, l'île de Robinson... cet atlas présente les cartes de ces lieux familiers des lecteurs.
    Vingt-trois auteurs évoquent les territoires qu'ils ont fait naître dans leurs oeuvres à travers les plans qu'ils ont imaginés. Ils racontent également les lieux littéraires ou réels qui les ont fait rêver et ceux qui furent à la source de leur propre inspiration. Un magnifique voyage de carte en carte à travers la littérature : une inépuisable source de rêverie et d'aventure !

    « Nos cartes étaient des oeuvres d'art. Les principaux volcans crachaient de telles flammes et étincelles qu'on eut pu craindre que ces continents de papiers ne s'embrasent ; les chaînes de montagnes étaient si bleues et blanches de glace et de neige qu'elles vous glaçaient le sang. Nos déserts bruns et arides étaient grumeleux de chameaux et pyramides, et nos jungles tropicales si luxuriantes et enchevêtrées que les jaguars voûtés, serpents agiles et gorilles moroses ne s'y mouvaient qu'avec difficulté [...]. Nos rivières étaient larges et plus bleues qu'un myosotis, constellées de canoés et de crocodiles. Nos océans étaient tous sauf vides... Ces cartes étaient vivantes, on pouvait les étudier, les inspecter, les compléter ; des cartes qui, en définitive, avaient un vrai sens. » Gerald Durel,Ma famille et autres animaux, 1956.

  • De nos jours, nous sommes en mode, souvent connectés, toujours sur Facebook à distribuer des likes et des émoticônes, appeler à la bienveillance ou exprimer sa colère, traquer la fake news, réagir au buzz, et ponctuer nos phrases de du coup, en même temps, voilà, et bonne continuation. Dans une société de l'hyper communication, notre langue change à toute vitesse.
    De nouveaux termes apparaissent, certains sont importés (impacter, racisé, selfie, burn-out), d'autres inventés (charge mentale, collapsologie) ou employés autrement (c'est juste génial, on est sur, je suis dans...). Or notre langue parle à travers nous. Elle nous dit et nous révèle si l'on sait analyser ses mots et retrouver leurs sens. Saviez-vous par exemple que selfie joue avec le même suffixe que Barbie et Daddy et veut dire "moi chéri"? Que le terme féminicide désigne le massacre (suffixe -cide) des femmes, et qu'il existe depuis deux siècles ? Ou que répéter en vrai traduit notre besoin de distinguer « la vraie vie » de la réalité virtuelle ?
    Dans cet essai passionnant, Julie Neveux examine plus de cent de nos expressions, rappelle leur origine et étudie leur emploi actuel pour faire notre portrait à partir de nos mots. D'une plume savante, drôle et franchement décomplexée, elle nous emmène dans un voyage linguistique et une enquête jubilatoires : dis-moi comment tu parles, je te dirai qui tu es.

  • L'expérience poétique consiste à mettre des mots sur le mystère, notamment l'amour. Question de rencontres, d'affinités (s)électives, l'amour et la poésie s'inventent, s'étreignent, et convolent en justes noces. La voix du poète est tributaire d'une expérience qui, au fil des années et des pages, l'impose avec une force, une gravité de plus en plus poignante, prégnante. Le cours du langage se resserre et rive le poème à l'essentiel, quand l'embouchure de l'existence se rapproche irrémédiablement de sa source. «Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir» écrit précisément René Char.
    Balade en compagnie de Pierre de Ronsard, Jean de La Fontaine, Friedrich Hölderlin, Alphonse de Lamartine, John Keats, Victor Hugo, Charles Baudelaire, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Rabindranath Tagore, Paul Valéry, Louis Aragon, Paul Éluard, Jacques Prévert, Pablo Neruda, Yves Bonnefoy, Adonis, François Cheng, Joseph Brodsky, Nimrod et bien d'autres...

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  • 300 dictées variées pour s'exercer de façon progressive et ludique : - 45 dictées tirées d'articles de presse ; - 120 dictées extraites d'oeuvres littéraires classiques (Denis Diderot, George Sand, Victor Hugo, Albert Camus...) et contemporains (Amélie Nothomb, Laurent Gaudé, Delphine de Vigan, Emmanuel Carrère...) : - 120 dictées grammaticales ciblées ; - 15 dictées ludiques Des textes issus de toute la francophonie, avec des commentaires lexicaux et grammaticaux. De quoi satisfaire tous ceux qui souhaitent améliorer leur compétence, par goût, par jeu ou par nécessité.

  • La SF est créatrice de mondes, mais les mondes créés par Philip K. Dick ont la particularité de s'effondrer très vite. Cela vaut pour le monde réel comme pour les mondes artificiels. D'ailleurs est-il encore possible de les distinguer les uns des autres ? Qu'est-ce qui nous assure que nous n'évoluons pas dans des mondes faux, aussi artificiels qu'un parc d'attraction - avec entrée payante ? Et si ces mondes sont créés de toutes pièces, qui en contrôle les apparences ? À qui appartiennent-ils ? Dans quel but sont-ils produits ? En nous bombardant de réalités artificielles, ne cherche-t-on pas à nous voler le monde - et notre rapport au monde ? Si tel est le cas, comment lutter contre ces entreprises de dépossession ?

  • Une bête entre les lignes : essais de zoopoétique Nouv.

    Le recueil fondateur de la zoopoétique. Avec des études sur : Marcel Proust, Jean Giono, Béatrix Beck, Jacques Derrida, Marie Darrieussecq, Jacques Lacarrière, Maurice Genevoix, Henrietta Rose-Innes, Jean Rolin, Jean-Christophe Bailly, Olivia Rosenthal, Yves Bichet, Maryline Desbiolles, Andrzej Zaniewski, Tadeusz Konwicki, Svetlana Alexievitch...

  • Pourquoi le Y est-il « grec » ? Cadet, aîné et benjamin... quel est le bon ordre ? Peut-on rencontrer un chevau au singulier et des oeils au pluriel ? Quel est le rapport entre Robin des Bois et un robinet ? « Tire la chevillette et la bobinette cherra », ça veut dire quoi ?
    Amis des mots, si comme Muriel Gilbert vous vous régalez des bizarreries de la langue française sans jamais être rassasiés, préparez-vous à un festin avec ce nouveau recueil des chroniques de la plus sympathique des correctrices.
    Avec elle, vous partirez à l'aventure pour découvrir d'où vient le tréma (et surtout où il va !), vous apprendrez à vous méfier des « gens » (on n'est jamais trop prudent...), et vous saurez enfin s'il faut écrire fabriQUant ou fabriCant.
    Alors, vous reprendrez bien un bonbon sur la langue ?

    Après Un bonbon sur la langue et Encore plus de bonbons sur la langue (La Librairie Vuibert, 2018 et 2019), Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde et chroniqueuse sur RTL, continue de partager avec un enthousiasme contagieux son amour des délices du français.

  • Comme Roméo et Juliette, Paul et Virginie sont le symbole de la jeunesse et de l'amour parfait. Leurs mères, rejetées par la société, se sont réfugiées dans l'île de France, aujourd'hui l'île Maurice, et élèvent ensemble leurs enfants. Paul et Virginie se sont baignés dans la même eau, nourris des mêmes fruits. Ils s'aimaient en frère et soeur jusqu'à ce qu'ils grandissent, s'aiment autrement et soient séparés. L'effondrement de leur bonheur au bord de l'eau, à l'ombre des bananiers et des citronniers en fleur, a ému chaque génération depuis 1787. Après Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre redit la nostalgie du paradis perdu, le scandale du mal en réponse au bien, la perversion de l'homme naturel par la société. Paul était la générosité, Virginie la vertu. Pourquoi l'océan les a-t-il arrachés l'un à l'autre ?

    Edition présentée et commentée par Jean-Michel Racault.

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