Actes Sud

  • En route vers toi

    Sara Lövestam

    Une broche en argent, une paire de lunettes tordue, une vieille règle en bois et des bottines d'une élégance désuète - quatre objets d'un autre temps viennent faire irruption dans la vie désenchantée de Hanna. Ce sont les derniers témoins de l'histoire d'amour impossible entre Signe et Anna cent ans plus tôt - à la veille du combat menant au droit de vote des femmes en Suède. Intriguée, Hanna remonte obstinément la piste de ces objets qui sont pour elle devenus talismans.

  • Différente

    Sara Lövestam

    Martin, jeune responsable d'un magasin d'alcool d'État, ne prête pas attention à toutes les belles filles qui se jettent sur lui. Depuis son plus jeune âge, seules les femmes physiquement disproportionnées l'intéressent, et de préférence celles ayant un ou plusieurs membres amputés. Quand il rencontre enfin Paula, née avec une jambe qui s'arrête en dessous de la hanche, l'autre au niveau du genou, et dont les yeux ne sont pas alignés, c'est le coup de foudre.
    Abandonnée à la naissance, Paula a toujours refusé de subir son handicap. Linguiste à l'université, elle prépare un doctorat sur les verbes à particules. Elle n'a jamais eu d'aventure amoureuse et comprend mal l'enthousiasme de Martin à son égard. Cette attention soudaine et inattendue vient faire basculer son quotidien qui se limitait auparavant à ses recherches grammaticales approfondies et aux sourires figés échangés avec ses collègues. Très fière et extrêmement susceptible, elle exige que Martin lui fasse la cour pendant longtemps avant d'accepter l'idée que ses intentions sont sincères. Petit à petit, ils commencent une liaison.
    Leo, la meilleure amie de Martin, est une "Don(na) Juan(ne)" loufoque du milieu lesbien. Elle croque la vie à pleines dents, ne réfléchit jamais avant de parler et n'a aucun tabou. La rencontre entre les deux femmes va s'avérer haute en couleur. Avec la curiosité d'un enfant, Leo l'assaille de questions effrontées sur son handicap. L'animosité de Paula à son égard ne fait que stimuler l'intérêt de Leo qui va chercher à en savoir d'autant plus sur la vie intime du couple. Mais peu à peu l'affrontement entre les deux femmes se transforme en une fascination réciproque qui va bousculer la vie amoureuse de nos trois protagonistes.
    Sara Lövestam s'attaque à des problématiques essentielles comme le désir, la sexualité, l'amitié, le respect, la responsabilité, la culpabilité, le handicap, la jalousie et, surtout, la différence, avec une facilité déconcertante. Dans une prose rafraîchissante et dynamique, elle met en scène des personnages extrêmement fouillés qui se heurtent à des situations peu banales - mais non moins fondamentales. Sans jamais tomber dans le cliché ou dans l'artifice du sensationnalisme, elle offre ici un premier roman osé et exquis.

  • Lorsque Malte, cinq ans, rencontre cet homme blond qui lui parle à la grille de la crèche, il voit en lui un ami. Roger a l'air gentil lorsqu'il lui propose son aide pour garder un secret. Enfin quelqu'un qui lui accorde ce semblant d'attention que sa mère et le compagnon de celle-ci, sous l'effet de la colère ou de l'alcool, lui refusent. Roger rencontre sa mère, se fait insistant, trop aimable, propose de le garder... Spectacle que le Témoin, depuis sa fenêtre donnant sur la crèche, observe d'un mauvais oeil. Il va falloir agir : telle est aussi la conclusion à laquelle parvient Nozat, stagiaire à la crèche et hacker en herbe, lorsqu'il tombe par hasard sur des mails pour le moins inquiétants. Le refrain de la comptine chantée à la section Coccinelle prend de sinistres accents : « dans les eaux profondes » naissent d'obscurs sentiments qui menacent la magie de l'enfance. Une oeuvre subtile et magistrale confirmant le talent de la jeune romancière suédoise.

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