• Les amateurs de sensations fortes seront ici comblés s'ils ont assez de finesse pour goûter celles de l'esprit. Car Nina Berberova, qui défend avec une farouche discrétion les actes intimes de sa vie, est en revanche capable des excursions les plus hardies dès lors qu'il s'agit des oeuvres et des idées, en cela guidée par une nécessité sur laquelle on est fixé dès la préface de son livre. Mais elle s'affirme tout de même l'incomparable témoin des grandes convulsions de notre temps, et la description de la Russie en proie aux premiers assauts de la révolution, les affres de l'immigration, l'état de la France quand elle y vient et quand la guerre s'y installe, de même que le spectacle que lui offrent les Etats-Unis à son arrivée, véritables morceaux d'anthologie, laissent dans l'esprit du lecteur des empreintes profondes.

    Traduit du russe par René Misslin et Anne Misslin.

  • L'accompagnatrice

    Nina Berberova

    En quelques scènes où l'économie des moyens renforce l'efficacité du trait, Nina Berberova raconte ici les relations d'une soprano issue de la haute société pétersbourgeoise, avec Sonetchka, son accompagnatrice, bâtarde et pauvre ; elle décrit leur exil dans les années qui suivent la révolution d'Octobre, et leur installation à Paris où leur liaison se termine dans le silencieux paroxysme de l'amour et de la haine.
    Virtuose de l'implicite, Nina Berberova sait tour à tour faire peser sur les rapports de ses personnages l'antagonisme sournois des classes sociales et l'envoûtement de la musique (il y a sur la voix quelques notations inoubliables). Par ce roman serré, violent, subtil, elle fut, en 1985, reçue en France, où elle avait passé plus de vingt ans avant de s'exiler définitivement aux Etats-Unis.

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  • Paris, 1923.
    Un jeune homme se suicide dans une chambre du grand hôtel. sam adler était violoniste, fils d'une famille de la haute bourgeoisie juive. il avait quitté saint-pétersbourg en 1918. a paris, il a laissé les coordonnées de véra, son amie d'enfance. ce deuil inattendu provoque chez la jeune femme une vive agitation de la mémoire, et dès lors elle dévide le fil de ses souvenirs, oscillant entre les années pétersbourgeoises et sa vie à paris marquée par une recherche fébrile et obstinée d'un bonheur qu'elle finit par conquérir.

  • L'Accompagnatrice, Roquenval, Le Laquais et la Putain, Astachev à Paris, La Résurrection de Mozart. Dans l'ordre chronologique d'écriture, les «petits romans» de l'exil.

    Traductions de Luba Jurgenson et Lydia Chweitzer.

  • Récits de l'exil t.2

    Nina Berberova

    De cape et de larmes, Le Roseau révolté, Le Mal noir.

  • Un homme cherche à réunir la somme nécessaire pour poursuivre son exil de Paris vers New York. Au mont de piété il dépose une paire de boucles en diamant, mais l'une d'elle est invendable, elle a le mal noir. Avec ce roman paru pour la première fois en 1989 en français, Nina Berberova pousse l'ellipse comme jamais et la métaphore à un point d'excellence ultime où le moindre détail illumine l'obscure absurdité du destin.

  • Exilées russes à Paris, filles du même père et de trois mères différentes, ces trois soeurs, qui refusent de se complaire dans l'inaccomplissement tchékhovien, incarnent, chacune à sa façon, la tragédie du xxe siècle. L'aînée, tout en gardant le souvenir de sa mère violée et assassinée par les rouges pendant la guerre civile, recherche l'harmonie, habitée par le pressentiment du miracle à accomplir. La cadette tente de mettre en pratique sa théorie de la fragmentation du monde en se nourrissant du bonheur des autres et en séduisant les hommes qu'aiment ses soeurs. La benjamine voit la vie comme une infinie libération de l'emprise de la peur. Tout bascule à la veille de la Seconde Guerre mondiale...
    L'Histoire est plus que jamais présente dans ce roman posthume - l'un des plus forts de Nina Berberova -, où les personnages, malmenés par leur quête de sens et les absurdités de l'existence, sont pétris d'une humanité fragile et profonde.

  • Née à Saint-Pétersbourg dans une famille de fonctionnaires, l'ambitieuse et envieuse Tania fuit au Japon après la révolution d'Octobre. Elle y épouse le fiancé de sa soeur et part s'installer avec lui à Paris où elle s'imagine accéder au bonheur et à l'argent grâce à sa sensualité. Mais très vite veuve, elle sombre peu à peu dans la misère et la folie... Une impitoyable description de anti-héros.

  • Tout commence dans les années vingt à Billancourt.
    Nina Berberova, arrivée de fraîche date à Paris, rencontre le petit peuple russe de l'immigration, aggloméré autour des usines Renault. Avec ces personnages pathétiques ou dérisoires, dépaysés par l'exil, elle découvre les thèmes que paraissait attendre son tempérament de narratrice. Elle entreprend alors, entre 1928 et 1940, de composer des récits où l'on retrouve l'acuité du regard, l'ellipse du temps, la saveur du trait, la drôlerie de la situation, l'allusion tragique et l'économie narrative qui feront son succès de romancière.

  • Jeune émigré russe des années 1920, Sacha vit à Paris avec Ivan, son frère aîné. Ses proches, tous fiancés, lui font sentir la pesanteur de la solitude. Du moins jusqu'à une nuit passée avec une femme de haute condition. Mais cette nuit, loin de lui permettre de se retrouver, menace au contraire de l'isoler davantage et de lui faire connaître le sentiment définitif de l'échec.

  • J'ai compris que chacun avait apporté dans cette grande ville ce qu'il avait: l'un, l'ombre du prince d'elseneur, l'autre, la longue silhouette du chevalier espagnol; le troisième, le profil du séminariste de dublin, cet immortel ; le quatrième, un rêve, une idée, une mélodie.
    La chaleur torride d'une vallée, le souvenir d'une tombe ensevelie sous la neige ; une formule mathématique, divine dans sa grandeur, ou le tintement des cordes d'une guitare. tout cela s'est fondu dans cette ville, sur ce cap, formant cette vie à laquelle je m'apprête à participer.

  • J'ai choisi la liberté, l'ouvrage du dissident soviétique V. A. Kravtchenko, paraît en France en 1947 avec le même immense succès que dans le reste du monde occidental. Peu de temps après, l'hebdomadaire procommuniste Les Lettres françaises publie un article accusant Kravtchenko de ne pas en être le véritable auteur et d'avoir été piloté par les services secrets américains. L'intéressé porte plainte immédiatement pour diffamation.
    Quand s'ouvre le procès, le 24 janvier 1949, il apparaît tout de suite qu'il va tourner au procès du régime soviétique et que la question de fond qui est posée là est celle de l'existence de camps de concentration en URSS, d'où de violents débats et des dépositions passionnantes, auxquels assistait pour un journal de l'émigration russe la jeune Nina Berberova. Son témoignage brille par la rigueur du compte rendu, l'acuité du regard et l'effi cacité du style.

  • Aux Chroniques de Billancourt font suite ces nouvelles dont l'action se situe à un moment où la dépression ébranle une fois encore le petit monde de l'exil qui avait commencé à s'organiser autour des usines Renault. On y retrouve la vivacité du regard, la perfection du trait, l'art de la narration propres au talent de l'écrivain russe.
    Cette édition, qui date de 1993 chez Actes Sud, fut la première jamais réalisée, les récits n'ayant paru - en russe - que dans des publications périodiques au moment de leur écriture, dans les années trente.

  • Pétersbourg, 1920. Sacha, une jeune femme, quitte la Russie exsangue pour une existence crépusculaire à Paris.

  • Tchaikovski bab n 666

    Nina Berberova

    près de soixante-dix ans après la première édition, la biographie de tchaïkovski par nina berberova, qui nous introduit dans le monde secret du compositeur et de la bourgeoisie russes, n'a pas pris une ride.
    rien de surprenant : ce livre avait, à l'époque, une avance considérable sur les autres qui dissimulaient encore par convenance l'homosexualité du musicien et les circonstances de sa mort. pour l'édition que voici, nina berberova avait écrit une savoureuse préface où elle rendait compte de ses sources et, notamment, des relations qu'elle avait nouées avec ceux qui avaient connu le maître.

  • Roquenval, demeure seigneuriale, autrefois fabuleuse, aujourd'hui rongée par les ans. Roquenval veille sur ses tours mortes et ses gouttières rongées comme Praskovia Dmitrivena vit du souvenir d'elle-même.

  • Juin 1940. Paris est une ville sacrifiée. Au milieu de l'atmosphère de débâcle qui règne sur le village de Maria Léonidovna et Vassili Souchkov, on s'interroge: que penseraient les glorieuses figures de l'histoire d'Europe face à ce marasme? D'aucuns voudraient ressusciter Napoléon, Bismarck, la reine Victoria ou Jules César. Maria, elle, voudrait faire revivre Mozart... Un jour, un étrange voyageur vient trouver refuge chez eux. Ce jeune homme mystérieux, aux airs de soldat ou d'espion, se prétend musicien, ainsi qu'en témoignent ses mains étonnamment fines, fragiles, et couvertes de poussière...

  • Le 20 septembre 1928, entre neuf et dix heures du matin, trois événements se produisent qui marquent le début de ce récit: Alexeï Ivanovitch Shaïbine, l'un de nos nombreux héros, arrive chez les Gorbatov ; Vassia, le fils de ceux-ci, reçoit de Paris une lettre émanant de son ami Adolphe Kellerman - lettre qui contient d'importants renseignements sur son père ; et enfin, un voyageur dépenaillé se présente à la ferme des Gorbatov, située dans une large vallée du Vaucluse.
    Aveugle, l'homme était accompagné d'un guide.

  • Pour une édition russe, parue aux Etats-Unis en 1984, Nina Berberova avait sélectionné une centaine de poèmes parmi ceux qu'elle avait écrits entre 1921 et 1983.
    Après quoi, à l'en croire, elle avait sans remords détruit tous les autres, ce que le dépouillement de ses archives paraît confirmer. C'est la même et sévère sélection qu'avant sa mort elle retint pour la composition de la présente " anthologie personnelle " dont le projet lui était soumis. Et en guise de préface, elle suggéra de rassembler des extraits de son autobiographie, C'est moi qui souligne, extraits qu'elle désigna comme " souvenirs en poésie ".
    Ces fragments, on les retrouvera donc ici rassemblés, qui font voir une jeune fille véritablement propulsée dans la vie par la poésie, et par elle animée d'une force qui la rendait capable d'affronter son terrible destin. Mais on ne manquera pas d'observer que ces souvenirs s'interrompent en 1922 - l'année où Nina Berberova rencontre Vladislav Khodassevitch et avec lui quitte la Russie -, alors même que les poèmes survivants, à l'exception des cinq premiers, sont tous postérieurs à cette date.
    Comme s'il était un temps pour parler de la poésie, et un autre pour s'y enfermer, s'y réfugier ou lui confier la parole qui n'a pas d'asile ailleurs.

  • Récits de l'exil

    Nina Berberova

    De l'Accompagnatrice au Mal noir, huit "petits romans" qui nous ouvrent les portes d'un monde peu connu : celui des Russes qui préférèrent l'exil.

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