• Michel Cardoze aime les chasseurs : ils contribuent aux équilibres naturels, ils font vivre les paysages, ils battent la campagne et gardent sangliers, chevreuils, lièvres ou oiseaux migrateurs dans une cohabitation raisonnée avec nos villes et leur expansion « rurbaine».
    Chaque mois, il ponctue avec sa chronique la conversation que le lecteur du Chasseur Français (130 ans d'âge) entretient avec ses passions, ses outils et son amour de la nature. Michel Cardoze soulève le tapis des certitudes et interroge les évidences, il se demande si l'agriculture industrielle est la réponse à tout, il fait dialoguer le tracteur et la binette, il interroge sa bêche et les traditions, il se souvient des tue-cochon et pense que la démocratie a besoin des petites communes et de leurs conseils municipaux, que le tourisme rural est un moyen de nourrir le désir des citadins avec du végétal propre , que la « modernité » consiste à remettre les haies debout et les arbres au milieu du paysage. La proximité du poulet de grain et du palmipède qui court, c'est son dada, les carottes sans insecticides aussi, et les haricots beurre sans engrais, de même que les tomates, exclusivement de juillet à septembre.

  • L'Armoire Rouge est un vrai meuble d'où s'échappent, pêle-mêle, les images de Maurice Thorez en objet de culte patriarcal, les coups de canon du Croiseur Aurore sur un quai de Leningrad figé en carte postale, la bouille ronde de Kroutchtchev entrant et sortant du Palais Rohan à Bordeaux, le sifflement de la scie à ruban d'un grand-père ébéniste aux amitiés obscures et familier du verre de réconfort, les épaules nues jamais vues d'une mère inaccessible, l'odeur des rotatives de l'Humanité et la chaleur d'une classe ouvrière en voie d'extinction, un père au sifflet qui veille à ce que les trains arrivent et partent à l'heure...
    Images encore d'une modiste plumassière, de veuves découpant des croix de guerre, de domestiques engrossées, de vignerons à la tâche, d'une synagogue pillée et des palus médocains. Couinement imaginé des sirènes de la défense passive, musique des gammes inlassables, la musique comme carburant de la distinction sociale. Odeurs de Garonne et d'égouts, d'une soupe de « poreau » et des pommes cuites à la cassonnade, saveur de la morue en salade, chatoiement du pouvoir, des couloirs de l'Assemblée nationale aux studios de télévision, du faubourg Poissonnière au Rocher de Monte-Carlo.

    C'est peu dire que le regard est critique. Le marcheur se demande toujours comment cultiver la lucidité sans abandonner le rêve innocent d'un Autre Monde.

  • Un ancien parachutiste et un ex-insoumis, le papa d'une Coco-girl et le leader historique des mineurs lorrains, des O.S. et un technicien des méthodes , des professionnels et un cadre de direction, un géologue et des professeurs (dont un spécialiste du roman policier), un cheminot retraité et des permanents du PCF: voilà quelques-uns des compagnons de ce voyage. Ils sont le Parti profond , cadres intermédiaires d'un PCF traumatisé par son nouvel échec électoral de mars 1986.Le déclin communiste est-il irréversible? Ils disent ce qui ne peut plus durer sous peine de mort de leur parti. Les tabous volent en éclats: le fonctionnement, le mode de désignation des dirigeants, les rapports avec l'URSS, les liens avec la nouvelle classe ouvrière, le Parti socialiste... On assiste à certaines réunions de la Pol-Ex , la section de politique extérieure du PC, et à la naissance de l'actuel Comité Central qui vit l'élimination de plusieurs dirigeants ouvriers. Les compagnons de ce voyage disent aussi ce qu'ils veulent: un Parti communiste qui change de révolution . Cette rénovation, cette renaissance, comme on voudra, est-elle encore réellement possible?La réponse n'est pas un article de foi: l'auteur s'est tourné vers les communistes eux-mêmes. Son enquête établit que rien n'est joué, que des forces existent pour que naisse un nouveau PCF, en mesure de participer à la recomposition de la gauche française. Car l'enjeu dépasse le seul destin du parti de Georges Marchais: la gauche sera-t-elle à nouveau en mesure de rassembler une majorité dynamique dans ce pays? La réponse dépend aussi de la réussite ou de l'échec des protagonistes de ce Nouveau voyage à l'intérieur du PCF.Michel CARDOZE, né en 1942, journaliste à TF1, est membre du PCF. Il en a été permanent , à partir de 1965, en Gironde, où il était membre du bureau et du secrétariat fédéral. Puis journaliste à l'Humanité (1970-79) et à Révolution. Il a démissionné de la presse communiste en 1980.

  • Georges bizet

    Michel Cardoze

    • Mazarine
    • 13 Janvier 1982

    Qui était Georges Bizet? Un pêcheur de perles amoureux d'une Arlésienne exilée sur les remparts de Séville? Rarement oeuvre cacha si jalousement son créateur. L'immense succès de Carmen sur les scènes du monde entier et le rayonnement de son mythe dans notre mémoire culturelle ont paradoxalement rejeté dans l'ombre l'un des musiciens les plus attachants du romantisme français.Né en 1838, disparu en 1875, Bizet connut une vie soumise à trois thèmes majeurs: l'amour, l'histoire, le théâtre. De ses relations affectives à la production harassante de spectacles en passant par l'unité italienne et la Commune de Paris, ce roman n'est pas vériste: il est vrai.

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