• Tableau d'une exécution pose la question de l'attitude de l'artiste face au pouvoir politique. La république de Venise commande à Galactia, femme peintre de grande renommée, un tableau commémorant la bataille de Lépante. Au lieu de la gloire de la Sérénissime, elle choisit de peindre la guerre telle qu'elle est : un massacre. Le doge fait emprisonner Galactia mais le tableau, remarquable, divise l'aristocratie et le clan des amateurs d'art l'emporte : le chef - d'oeuvre sera exposé à la vue de tous.

    Les Possibilités : 10 saynètes mettent en scène un univers cataclysmique où toute notion de bien et de mal a disparu. Barker interroge le monde de l'après - Auschwitz et l'«authentique angoisse morale» qui en résulte. Le spectateur, placé face à lui - même, ne se voit dicter aucune réponse.

    Howard Barker, auteur d'une oeuvre impressionnante (plus de soixante - dix pièces), également poète et peintre, est l'une des voix les plus originales du théâtre anglais contemporain. Son «théâtre de la catastrophe» invente un espace qui interroge notre façon de voir et d'entendre. Les éditions Théâtrales et la Maison Antoine Vitez ont entrepris depuis 2001 de publier ses oeuvres choisies. Voici, à nouveau disponibles, les deux premières pièces qui l'ont fait connaître en France.

  • Dans ces deux puissantes partitions pour actrices, Howard Barker s'affirme de nouveau comme le dramaturge du détour historique, interrogeant les grandes oeuvres et leurs mystères avec un regard neuf. Ne délivrant aucun message moral ou politique, son théâtre y est d'une radicalité artistique affirmée. Par ces deux textes où la mort et la sensualité se côtoient, Barker demeure le peintre dramatique de la mise en doute des conventions, du mystère et de la violence du désir.

    Loth et son Dieu reprend l'épisode biblique de la destruction de Sodome pour en explorer un détail énigmatique?: pourquoi la femme de Loth s'attarde-t-elle dans sa fuite pour jeter un dernier regard sur la ville?? Pourquoi un tel châtiment pour ce geste nostalgique?? Que refuse-t-elle de quitter, dans cette ville dépravée, qui puisse valoir plus, à ses yeux, que la vie même??

    Marcella de Ulloa plonge au coeur des Ménines, de Vélasquez, l'un des plus grands chefs-d'oeuvre de l'histoire de la peinture. Barker s'intéresse à la scène cachée que le peintre espagnol est en train d'exécuter. Marcella est une fascinante érudite de 70 ans que tous admirent et recherchent, sauf Vélasquez. Quand ce dernier est contraint par le roi de la peindre nue, il se découvre un tel attrait pour ce corps que révéler son oeuvre pourrait bouleverser l'esthétique et le cours du monde.

  • Dans Gertrude (Le Cri), Howard Barker revisite le Hamlet de Shakespeare et, dans Le Cas Blanche Neige, le conte des frères Grimm. Contre toute attente, il place au centre de ces pièces deux figures de reines, dont la sexualité et la fertilité incontrôlées les dotent d'un pouvoir irrésistible. Gertrude, la mère de Hamlet, vit une liaison torride avec Claudius. Cette passion sème force cadavres, victimes de leur quête obsessionnelle : capturer le cri de jouissance de Gertrude. La légendaire marâtre-sorcière de Blanche-Neige est ici une femme fatale, furieusement adultère, et qui subjugue sa jeune belle-fille. Cette dernière, devenue l'esclave sexuelle volontaire de sept inconnus, sera secourue par le prince d'Irlande qui, après avoir obtenu sa main, fécondera... la Reine. Barker explore la tragédie de la féminité en exposant des personnages extrêmes qui vont au bout de leurs passions. La langue envoûtante de l'auteur mêle les registres poétique, lyrique, impudique, voire obscène.

  • Und lentement

    Howard Barker

    Les pièces réunies dans ce volume offrent deux magnifiques partitions pour actrices. Und : Dans ce monologue, une femme attend un homme. L'homme est en retard. Alors elle parle, tandis qu'il s'approche. Entre duo d'amour et duel à mort, une étrange partie s'engage : pour l'un d'eux, cette rencontre sera fatale. Par une écriture qui mêle poésie, lyrisme et humour noir, se tisse le portrait d'une femme dont la parole et le désir deviennent arme de survie, dans une parabole renvoyant à la Shoah.
    Ce texte est créé en France en 2015 par Jacques Vincey, avec Natalie Dessay dans le rôle de Und. Lentement : Isolées dans une pièce, quatre femmes attendent l'arrivée de l'envahisseur. Leur seul rempart face à la barbarie : le respect du protocole, dernier vestige d'une culture au bord de l'extinction. Comment faire face à la fin ? Il y a tant de manières de mourir lorsque l'on est civilisé... Dans ces pièces, Barker fait se rencontrer le corps intime et l'Histoire, le désir et la mort, à travers des personnages féminins qui sont tout à la fois des victimes sacrificielles et des héroïnes tragiques à la puissance absolue.

  • Ce 3e volume de ses oeuvres choisies fait découvrir un autre aspect de Parker, avec deux de ses premières pièces où l'excès d'abjection et de macabre va lui permettre de définir les contours d'un nouveau théâtre politique. Malgré la gravité des sujets, ce n'est pourtant pas le tragique qui prédomine ; comme si l'auteur mettait en évidence que le monde est trop inhumain pour que le mode tragique soit encore capable de l'exprimer.
    Il cherche donc à le dépasser par le grotesque. Quelques années plus tard, il développera sa théorie du théâtre de la Catastrophe. La Griffe (1975) conte l'épopée tragicomique d'un bâtard bigleux né dans la misère, Noël Biledew, Il compte prendre sa revanche et s'élever dans l'échelle sociale en proposant ses services de maquereau, notamment au ministre de l'Intérieur. Une liaison malencontreuse avec l'épouse de ce dernier causera sa perte.
    L'acuité de l'auteur et sa virulence sarcastique marquent la singularité de cette satire dramatique au vitriol. L'Amour d'un brave type (1978) nous transporte deux ans après la Première Guerre mondiale sur les collines des Flandres, théâtre de nombreux combats et sépulture sauvage de milliers de soldats. Londres décide de financer la construction de véritables cimetières, et la confie à Hacker, entrepreneur ambitieux.
    Cette comédie noire, où se rencontre une succession de personnages hauts en couleur, interroge les rapports entre histoire privée et histoire publique

  • Howard Barker poursuit ici son entreprise d'un théâtre politique subversif avec deux propositions puissantes.
    Ce qui évolue, ce qui demeure : en 1450, deux inventions majeures bouleversent la communauté d'un monastère. Hoik, 17 ans, l'un des copistes les plus brillants de son époque, est né trop tard : il méprise l'imprimerie qui éloigne l'homme des oeuvres de l'esprit. Guidé par un orgueil trop fort, il utilisera une arme à feu - seconde invention - contre son condisciple attiré par le progrès. Ce qui évolue (les machines), ce qui demeure (notre mentalité) use du détour historique pour pointer notre manque d'humilité face aux évolutions.
    Graves Epouses/animaux frivoles : après un bouleversement, deux femmes parlent dans un espace brûlé. Card était auparavant la domestique de Strassa. Les différences sociales ont volé en éclat : sans hiérarchie, le désir se révèle. Comme celui du mari de Card envers Strassa surgissant par la bouche de l'ancienne domestique, ou grâce à cet étrange chien mécanique qui entre parfois. Via cette situation théâtrale singulière.
    Barker tisse un univers sombre dans lequel les hommes auraient disparu, où seules subsistent les pulsions de vie et de mort.

  • Avec 13 Objets, Howard Barker signe une pièce ludique qui étudie, en une succession de saynètes, les servitudes de l'homme.
    De la pelle pour creuser la tombe de l'ennemi, jusqu'à la médaille militaire usurpée, en passant par l'appareil photo chargé d'histoire, les objets ont une âme et asservissent leurs possesseurs. Animaux en paradis nous entraîne dans un monde dévasté par la lutte sans fin entre frères ennemis. Dans une guerre opposant Danois et Suédois où les nouveau-nés sont de la future chair à canons, où le viol est une arme de domination et où la torture est avalisée par les philosophes, le racisme et la haine de l'autre détruisent des générations.
    La difficile construction du pont reliant les deux royaumes symbolisera une paix fragile basée sur le sacrifice. Sadisme, enjeux de pouvoir et sexualité violente : l'auteur propose une pièce aux séquences énigmatiques et à la langue ciselée. Avec ces deux pièces, nous entrons à nouveau dans le "théâtre de la catastrophe" où Barker, face à un monde usé, tente de renouveler sans cesse la langue de la tragédie.
    Ses personnages pervers, faibles et toujours torturés, son écriture poétique et pourtant crue, sa parfaite maîtrise dramaturgique en font, à coup sûr, un auteur majeur.

  • Ce deuxième volume des oeuvres choisies de Howard Barker, l'une des voix les plus fécondes de la scène anglaise d'aujourd'hui, permet de pénétrer au coeur de son "théâtre de la Catastrophe", viscéral et implacable.

  • Dans l'art du théâtre la beauté se caractérise par sa brièveté‚ son instabilité‚ sa mauvaise santé. Tandis que la mort est le cauchemar des démocraties sans joie‚ éradiquée des consciences grâce à l'écoeurante complicité de la médecine et des loisirs‚ la mort dans l'art du théâtre est la condition de la beauté et l'angoisse le prix à payer pour sa révélation. Vous laisseriez-vous séduire sans effort ?

  • Deux pièces historiques, deux figures de femmes : une reine qui serait une représentation de Marie-Antoinette dans Innocence et une femme de la fin du Moyen-Age dans le me suis vue. Innocence : La Révolution gronde. La famille royale attend son jugement : La reine Caroline se retrouve seule avec son fils : la mère et l'enfant-philosophe affrontent, livrés l'un à l'autre, leur mort prochaine. Au procès, Caroline, accusée d'inceste va nier puis, sur ordre de son fils, avouera, bien qu'ils sachent tous deux que cette déclaration précipitera la sentence...
    Barker s'empare d'un épisode historique célèbre pour en subvertir radicalement un détail. Je me suis vue : Dans l'Europe du XIIIe siècle, une suzeraine, Sleev, et ses servantes, sont à l'oeuvre sur une tapisserie. Mais Sleev n'est pas Pénélope attendant sagement le retour d'un Ulysse. Ne repoussant pas les avances de ses prétendants, elle les sollicite sans réserve ni pudeur. D'une intelligence vive et d'un caractère affirmé, sa déloyauté maritale lui est l'occasion de s'interroger sur sa condition.
    Aussi, d'une représentation traditionnelle censée louer le valeureux guerrier, la tapisserie en vient à raconter la vie dissolue de Sleev et sa découverte hors mariage de l'extase sexuelle.

  • Barker revisite l'épisode biblique de La Cène en y propulsant des prostituées, des soldats, des veuves, des artisans... tout un monde en recherche de sens. Un autre Messie, figure inversée de Jésus, rassemble ses disciples pour une dernière rencontre au cours de laquelle la transsubstantiation deviendra cannibalisme. Dans Faux pas, après la mort mystérieuse du Roi, un anatomiste est convoqué pour disséquer la dépouille royale. Soumis aux désordres sensuels de la famille royale et à la confusion spirituelle d'une cour endeuillée, il découvre peu à peu qu'il est l'objet d'un piège érotique et politique qui se refermera sur lui. Howard Barker reprend ici les thématiques familières du théâtre de la Catastrophe. Il s'inscrit, une fois encore, dans la lignée de Shakespeare, interrogeant l'Histoire et le rapport maître-esclave, dans une langue à la fois crue et lyrique.

  • Dans Gertrude, Howard Barker réécrit le Hamlet de Shakespeare, et dans Le Cas Blanche-Neige, le conte des Frères Grimm. Contre toute attente, il place au centre de ces pièces deux figures de Reines, incarnations exacerbées de la féminité, dont la sexualité et la fertilité incontrôlées les dotent d'un pouvoir irrésistible. Gertrude, la mère de Hamlet, vit une liaison torride avec Claudius. Cette passion sème force cadavres, victimes de la quête obsessionnelle des amants : la capture du cri de jouissance de Gertrude. La petite Jane, née de leur union, achève d'insupporter Hamlet et d'exacerber la relation oedipienne qui le lie à sa mère La légendaire marâtre-sorcière de Blanche-Neige est présentée comme une femme fatale, furieusement adultère, fascinante, et qui subjugue sa jeune belle-fille. Cette dernière, devenue l'esclave sexuelle volontaire de sept inconnus, sera secourue par le Prince d'Irlande qui, après avoir obtenu sa main, fécondera... la Reine Ces deux pièces explorent la tragédie de la féminité en exposant des personnages extrêmes qui vont au bout de leurs passions. Elles sont servies par une langue envoûtante, où se mêlent les registres poétique, lyrique, impudique, voire obscène. Du très grand Barker.

  • Elle a 80 ans toujours si tellement / she at 80 still so very Nouv.

    Un vieil homme passionnément amoureux d'une femme plus âgée que lui tente, par la ruse, de la faire renoncer à son mariage de longue date...
    L'hymne au désir à un âge avancé de la vie qu'écrit Howard Barker est, d'un point de vue éthique et religieux, l'opposé de la vision qu'a Dante de l'enfant Béatrice, dont il fait l'incarnation de la pureté et de la grâce. Au contraire, l'héroïne âgée de Barker se caractérise par sa sexualité, la conscience atrocement aiguë qu'elle a de son apparence, et les calculs qu'elle fait pour parvenir à ses fins.
    Le narrateur prétend ne pas avoir de coeur, mais cela ne diminue en rien son amour obsessionnel. À chaque étape de leur épreuve, qui dure une journée entière, sa force érotique à elle réduit à néant sa résolution à lui, et les stratagèmes dont il use sont toujours égalés par ceux auxquels elle a recours.

  • Avec 13 objets, Howard Barker signe une pièce ludique qui étudie, en une succession de saynètes, les servitudes de l'homme. De la pelle pour creuser la tombe de l'ennemi, jusqu'à la médaille militaire usurpée, en passant par l'appareil photo chargé d'histoire, les objets ont une âme et asservissent leurs possesseurs. Animaux en paradis nous entraîne dans un monde dévasté par la lutte sans fin entre frères ennemis. Dans une guerre opposant Danois et Suédois où les nouveau-nés sont de la future chair à canons, où le viol est une arme de domination et où la torture est avalisée par les philosophes, le racisme et la haine de l'autre détruisent des générations. La difficile construction du pont reliant les deux royaumes symbolisera une paix fragile basée sur le sacrifice. Sadisme, enjeux de pouvoir et sexualité violente : l'auteur propose une pièce aux séquences énigmatiques et à la langue ciselée. Avec ces deux pièces, nous entrons à nouveau dans le " théâtre de la catastrophe " où Barker, face à un monde usé, tente de renouveler sans cesse la langue de la tragédie. Ses personnages pervers, faibles et toujours torturés, son écriture poétique et pourtant crue, sa parfaite maîtrise dramaturgique en font, à coup sûr, un immense auteur.

  • Ouvrage coordonné par Élisabeth Angel-Perez et Sarah Hirschmuller.

    Avec les Arguments pour un théâtre‚ l'auteur dramatique anglais Howard Barker signe l'un des textes théoriques les plus importants de notre époque. Il y repense la tragédie‚ jugée obsolète dans sa forme aristotélicienne‚ et lui substitue un nouveau concept : le théâtre de la Catastrophe. C'est dans une prose sans concession ou par des aphorismes à la poésie à la fois fulgurante et provocatrice‚ par des poèmes aussi‚ que Barker dessine une « nouvelle pratique théâtrale »‚ éminemment tragique‚ subversive et comme épiphanique‚ qui place en son centre la beauté et la douleur. Il y insiste sur la nécessité d'imaginer une poésie de théâtre‚ jaillie des profondeurs du désir. Le théâtre redevient‚ loin des lumières commerciales‚ loin des pièces à message‚ le lieu qui rend à l'homme sa part de mystère‚ le lieu de l'humain. Un art du théâtre‚ donc une philosophie.

  • Judith ; Vania

    Howard Barker


    dans ce sixième volume de ses oeuvres choisies, howard barker s'empare de deux mythes, l'un biblique, l'autre littéraire, pour livrer sa vision du théâtre de la condition humaine.
    avec judith, épisode biblique qui inspira nombre de peintres, on retrouve les thèmes centraux de son oeuvre : l'héroïsme et la barbarie, la servitude et la domination, le désir et la mort. ici, le jeu de séduction se transforme en une lutte chaotique des sens et de la raison. par cette joute verbale entre judith et holopherne oú la sensualité affleure, il pose la question de la propriété des corps. librement inspirés de l'oeuvre de tchekhov, les personnages de vania s'affranchissent ici d'un créateur qui les étouffe.
    ils réclament le droit d'exercer leur volonté, se soustrayant ainsi à la paralysie à laquelle tchekhov les a condamnés. la fatalité de leur destinée humaine, présente dans l'oeuvre originelle, vole ici en éclats, tandis que jaillissent leurs pulsions d'amour et de mort jusqu'alors inhibées.


  • ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres est le premier volume à associer trois aspects du travail créatif de barker.
    pourquoi les avoir ainsi rapprochés ? quels sont les rapports qui se tissent ici entre la notation personnelle, l'écriture scénique et la photographie - entre la voix singulière, oscillant entre murmure et provocation, soliloque et confidence ; la pluralité dialogique des figures du drame ; et le silence de l'image ? un ouvrage aussi bref que ces tristes lieux. , précisément parce qu'il suggère ces questions sans y répondre, offre une excellente occasion d'opérer une première incursion dans le paysage complexe, reconnaissable entre tous, dont barker a fait son domaine.


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