• Blanche, la nuit est une pièce d'enfance, avec ses codes, son imagerie, ses mythes. Tout commence par la journée ordinaire d'une petite fille, Blanche. Journée qui se termine comme d'habitude, seule dans sa chambre la peur au ventre avant de plonger dans le mystère de la nuit... Son histoire pourrait se passer dans le néant. Qu'est-ce que c'est le néant ?
    Pourquoi avons-nous peur ? Quelle est notre place dans tout ce vide ?

    DISTRIBUTION 1 fille, 2 hommes. GENRE théâtre intime.

    Miaoustaches. « Un monde où les maisons, les arbres, les cailloux, les nuages, les étoiles, les oiseaux, les papas, les mamans, les papis, les mamies, la petite soeur de Marcel, le chat d'Archibald et même les princesses endormies ont des moustaches qui poussent... mais seul un personnage n'a pas de moustache. Enfin, il court derrière, mais elle ne reste pas en place, car cette moustache est trop frivole, trop impatiente pour rester plantée sur un visage. Cette moustache vole dans les airs comme un oiseau libre. Arrivera-il à l'attraper ? Qui sait ? » Stanka Pavlova DISTRIBUTION 5 femmes, 8 hommes - pouvant être interprêtés par des marionnettes. GENRE théâtre de l'absurde.

  • Dans ce texte engagé et poétique s'entremêlent les voix de quatre Federico(s), nés en 1921, 1951, 1981 et 2001. Tour à tour, chacun des trois Federico nous raconte la guerre d'Espagne : le grand-père l'a vécue, le père l'a subie, le fils l'a entendue, racontée par ses ascendants. Une quatrième génération s'invite, héritière des trois précédentes, qui n'a jamais connu la guerre mais qui côtoie la violence d'un monde qui part à vau-l'eau.
    Un texte mêlant quatre générations pour montrer la dimension atavique du lien intime et charnel de cette famille à la guerre d'Espagne. Entre flash-backs et ellipses, le texte explore 80 ans d'histoire européenne, avec un arrière-plan à la fois poétique et politique.

    DISTRIBUTION : Entre un et quatre hommes - peut être interprété par un comédien ou un choeur.

    GENRE : Drame intime et historique.

  • Rosa Luxemburg est détenue en février 1915 pour avoir exhorté les prolétaires allemands et français à ne pas prendre part à la grande boucherie que promettait d'être la Première Guerre mondiale... Libérée puis réincarcérée de juillet 1916 à novembre 1918, elle suit la progression de la révolution russe de 1917. Durant ces périodes d'enfermement, elle écrit régulièrement à Sonia, la seconde épouse de Karl Liebknecht, avec lequel elle a fondé le groupe Spartakus. Loin de se limiter au militantisme politique, ses lettres portent en elles l'amour que Rosa a de la vie, sa foi en l'être humain, son émerveillement face à la nature et au monde animal, et ajoutent à sa vérité révolutionnaire et antimilitariste une dimension humaniste. Comme si seules la contemplation et la compréhension du monde et du vivant à travers les barreaux de sa prison pouvaient engendrer la réflexion et produire l'exaltation nécessaire à l'action.

  • Rosa liberté

    Filip Forgeau

    En cette période troublée qu'est la nôtre, Filip Forgeau entreprend de faire résonner la voix de Rosa L. sur un plateau de théâtre...
    Sa vie durant, Rosa L. n'a eu de cesse de dénoncer les nationalistes et la dérive guerrière, jusqu'à son cruel assassinat - le crâne défoncé à coups de crosse et son corps jeté dans un canal - le 15 janvier 1919.
    Bertolt Brecht, jeune poète de 21 ans écrivit alors : « Rosa-la-Rouge aussi a disparu. Elle avait dit aux pauvres la vérité. Et pour cela les riches l'ont assassinée »...
    Le destin tragique d'une femme exceptionnelle dans une période troublée par la montée du fascisme et des nationalismes exacerbés.

    « Ce que j'ai sur le coeur, je l'ai sur les lèvres », disait Rosa L.

    L. comme Liberté

  • L'etal

    Filip Forgeau

    Ici le cri est rouge, conçu dans l'exigence, dans l'intensité, la solitude aussi.
    Le narrateur, vit dans le quartier des viandes. Ça pourrait s'appeler rue de la boucherie, comme la rue où il est né, mais non, c'est quartier des viandes. Son univers est une réalité dure et violente, qui se confond avec le souvenir du père et ses rêves troublés par de vilains démons. Au fond de lui, il y a plein de gens qui se battent et se débattent, qui agonisent dans le même chaos. L'obsession de la viande s'est confondue avec l'attirance et la peur de la chair, le rapport à la nudité avec l'impuissance à aimer. Avec ce texte errant sous forme de récit un travail s'accomplit sur la langue : on la tord, la déplie et, finalement, la déploie.
    Le cri rouge ouvre ici ce qui pourrait bien être un espace vital
    Il faut découvrir ce texte comme une histoire fantasmagorique où résonnent des voix singulières, souterraines et impalpables dans la nudité des corps qu'elles habitent parfois.
    Après tout, exister, ce n'est peut-être que caresser la surface du monde et la peau des êtres qui existent.

  • Dans la solitude des champs de béton.
    Un aérolithe tombé d'on ne sait quelle planète noire. Duras trash ? Koltès après trois pastis, sept bières et deux cafés ? Iggy & The Straub ? Genet sous overdose death metal ? L'Iguane de Filip Forgeau, c'est un peu tout ça à la fois, et autre chose qui ne serait pas réductible à la somme de ces influences.
    Tout le prix de L'Iguane est de convoquer les poncifs pour aussitôt les éclater, de ne jamais ressembler aux a priori qu'il déclenche, de toujours apparaître ici quand on l'attend là. À l'image de son anti-héros Frag, carcasse de gros dur qui cache une âme solitaire et meurtrie, voyou tendre sorti de l'univers de Genet, L'Iguane déjoue toutes les apparences.
    L'Iguane prend acte d'une fin de siècle - 20è - qui s'enfonce lentement mais sûrement dans l'abîme, de la déchéance finale d'une civilisation qui ne fonctionne plus et laisse de plus en plus de cadavres sur le bas-côté.
    L'Iguane réussit à construire un territoire physique et mental cohérent, à imposer un langage et un univers personnels.
    Filip Forgeau invente là une dérive poétique à la fois triviale et littéraire, une ronde obsessionnelle déjantée et durassienne qui prend acte de l'impasse de notre civilisation postindustrielle.
    Serge Kaganski - Les Inrockuptibles.

  • Pauvre humain épargné par la guerre mais non par ses démons, Dean Urban - héros imparfait, looser magnifique, aventurier mélancolique et nonchalant, paumé notoire et obsessionnel - parcourt les ruines du monde à la recherche de la fiévreuse et ensorcelante Wanda, sex-symbol bestiale qui, à peine rencontrée, s'est enfuie avec son gorille préféré.
    À travers la fin de ce monde - où la folie semble être une terre d'asile - l'étrange parcours initiatique de Dean Urban se déroule au rythme des rencontres insolites.
    On y croise pêle-mêle John Le Viking, un détective privé qui enquête sur LA MORT ; un barbier au rasoir trop bien aiguisé ; une rouquine star du porno ; dieu survolant le charnier terrestre dans son avion privé ; un vieux chimpanzé, tenancier du « Bar des poètes » ; des fantômes encombrants et des clones mystérieux qui n'existent peut-être que dans l'illusion d'un monde en marche vers son autodestruction...
    Et alors que Dean Urban assiste à ses propres mises en abîme, viol, inceste, monstres chimériques, film pornographique, duel avec dieu, philosophie de comptoir, nécrophilie, sexualité morbide et amour-passion en sont les étapes et les épreuves, et célèbrent obsessionnellement la beauté de la femme Wanda.
    Objet inclassable, polar érotique empruntant au road-movie, « Une andalouse en Andalousie » affiche une sensualité explicite et un « appel du sexe » auxquels la plupart des personnages - et notamment les deux héros du roman - ne peuvent résister... Filip Forgeau met ici en jeu l'existentiel et le surnaturel, le fantastique, l'organique et le poétique. À la fois trivial et littéraire, ronde obsessionnelle et déjantée, un roman qui fait figure d'ovni.

  • Orson or not Orson ?

    Filip Forgeau

    Mais parfois, quand il rêve, l'homme obèse se lève
    Et exécute peut-être un petit numéro de claquettes.
    Parfois aussi, les souvenirs l'assaillent et les fantômes le hantent.
    Certains viennent même lui rendre visite.
    Il y a Maman, Papa, Shakespeare, un ou deux producteurs, Rita Hayworth, une maquilleuse, une infirmière, Lady Macbeth et Ophelia.
    Il y a lui enfant, aussi.

    Cloué sur son lit sans roulettes, entouré de tous ses fantômes, l'homme obèse fait le tour du monde comme il ferait le tour de sa chambre.

    Un petit tour du monde entre théâtre et cinéma.

  • Avec La Dispute, le rideau du théâtre s'ouvre (ou se déchire ?), et Marivaux nous fait pénétrer dans le théâtre du monde.
    Dans ce labyrinthe de la passion sublimée, de métaphores en jeux de miroirs et sous le vernis de la comédie, il nous fait apparaître le reflet de la tragédie et de la monstruosité humaine.  Le Prince enlève le bandeau des yeux de Hermiane, et ils découvrent le décor en même temps que nous : décor ravagé (de guerre ? par la guerre ?), forêt d'arbres morts et de ruines, poussière et cendres.
    Sous ce tapis de cendres, un sol de miroirs.
    Mais là où Marivaux décrit un palais en ruines, et lorsqu'on y regarde bien, ce décor ravagé pourrait être comme un intérieur, comme l'intérieur d'une salle baroque, comme un décor de théâtre tout autour duquel surgissent encore les traces, (tentures rouges, dorures, balcons, escaliers.) d'une salle de théâtre à l'italienne.
    Comme si cette forêt d'arbres morts et de ruines, cette poussière de cendres, avait poussé et s'était répandue dans un théâtre (un monde ?) abandonné.
    Du coup, on ne sait plus qui est le décor de qui, lequel est la ruine de l'autre.
    La Dispute est un conte de fées cruel ou Les Liaisons dangereuses auraient rencontré Alice au pays des merveilles.

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