• Histoire politique de l'Iran de la dynastie qâjâr (1797-1925), à laquelle succéda celle des Pahlavi, jusqu'à la révolution islamique née en 1979. Un nationalisme particulier, inséparable de la religion, s'y développa dès le XIXe siècle, en réaction contre les souverains autocrates qui vendaient les richesses du pays aux Russes et aux Britanniques.

  • L'islam chi'ite a fait irruption dans notre culture lors de la Révolution iranienne de 1979. Il a suscité la fascination et l'enthousiasme de l'intelligentsia occidentale, puis la peur, la méfiance, l'indignation. Au Liban, où il représente un tiers de la population, il a été associé à de multiples effusions de sang pendant la guerre civile. En Irak, après la guerre du Koweit, un soulèvement désespéré de la majorité chi'ite a été durement réprimé. Aujourd'hui, chi'isme est devenu synonyme de violence: Hezbollah, Jehâd islamique, prise d'otages...

    Le chi'isme n'est pas que cela. Né à la mort du Prophète, d'une querelle de succession qui opposait l'Imam Ali, écarté du pouvoir, à la majorité sunnite, il a développé une philosophie spéculative, une mystique visionnaire, comme s'il compensait dans l'ordre spirituel les désillusions de l'ordre temporel. Les croyances du chi'isme sont fondamentalement celles de l'islam _ unité de Dieu et prophétie de Mohammad _ mais, à la différence des sunnites, les chi'ites attendent le Douzième Imam qui viendra à la Fin des temps inaugurer un règne de justice et de vérité.

    La théologie chi'ite parle du rapport de l'homme à Dieu, des rapports entre les hommes dans la cité d'ici-bas et aussi des rapports entre l'homme et la femme. Elle permet, voire encourage le mariage provisoire, que les ulémas nomment joliment le " mariage de plaisir ".

    Le renouveau du chi'isme a été source de graves conflits et d'innombrables malentendus. Comment cette religion de salut, jalousement indépendante du pouvoir politique, a-t-elle pu servir d'idéologie pour une révolutionoe Le discours révolutionnaire des âyatollâhs ne fait-il pas oublier la spiritualité qui est à sa sourceoe A l'issue d'une vaste enquête, ce livre montre le péril qui guette les religions universelles lorsqu'elles sont secouées par les mirages révolutionnaires.

    Yann Richard, chercheur au CNRS, a été témoin de la Révolution iranienne et retourne depuis régulièrement en Iran.

  • on se représente souvent l'iran comme un empire des mille et une nuits qu'une révolution aurait fait sombrer dans le moyen age.
    cet ouvrage en donne une image moins simpliste, celle d'un pays qui a réussi à se libérer de la tutelle de l'occident alors que ses richesses en pétrole en avaient fait l'objet de toutes les convoitises. celle d'un pays à la civilisation plusieurs fois millénaire, mais à l'identité complexe puisque les non-persans y forment près de la moitié de la population. un pays, enfin, dont l'histoire, depuis la seconde guerre mondiale, n'a cessé d'avoir des répercussions bien au-delà de ses frontières, et qui est parvenu à s'imposer comme puissance régionale.
    tout au long du xxe siècle et jusqu'à nos jours, l'iran a surmonté tant bien que mal de nombreuses crises qui, paradoxalement, lui ont permis de se construire une nouvelle identité.
    les aspirations démocratiques sous les qâjar, l'autoritarisme réformateur de rezâ shâh, le nationalisme intransigeant de mosaddeq, les ambitions modernisatrices de mohammad-rezâ shâh, l'obsession de revanche et les conceptions populistes de khomeyni et de ses émules ont amené le pays à de douloureuses transitions dont certaines ont constitué de véritables révolutions : mouvement constitutionnaliste, nationalisation des pétroles, réforme agraire, urbanisation, soulèvement islamique.
    loin d'être une survivance du passé, l'iran apparaît aujourd'hui comme un laboratoire des évolutions du tiers-monde.
    alors qu'il doit faire face à de nouvelles menaces à ses frontières, il affiche plus que jamais sa volonté de faire entendre sa voix sur la scène internationale, non sans mêler provocations inutiles et revendications légitimes.



  • Spécialistes de plusieurs disciplines (géographie, science politique, sociologie), l'objectif des auteurs est de décrire et d'expliquer à plusieurs échelles la régionalisation de l'espace mondial, en utilisant des approches tant théoriques et conceptuelles qu'empiriques.

  • Face à l'échec des négociations à l'OMC, la planète est en train de se scinder en groupes régionaux. Ce phénomène n'a pas encore affleuré dans le débat cotoyen. Il est masqué par le fait que certaines organisations régionales ont l'allure de blocs alors que d'autres sont des coquilles vides ; beaucoup se chevauchent, parfois font doublon, se complètent ou s'opposent. Leur foisonnement, dans tous les domaines d'activité, nous invite à questionner un processus tout aussi massif qu'ignoré. Cet ouvrage recense, analyse, soupèse, croise ces différentes organisations.

  • Révélés au lectorat français par Pierre Bourdieu, les travaux de Richard Shusterman comptent parmi les plus importants de l'époque contemporaine. Convaincu par les capacités cognitives du corps, Shusterman invite à repenser l'expérience esthétique pour sortir d'une « conception muséale de l'art ». Pour ce faire, le philosophe américain a développé une philosophie singulière, la « somaesthétique », qu'il définit comme une étude méliorative et critique de notre expérience et de notre usage du corps vivant. Sa philosophie est donc à la fois théorique et pratique, un geste et une pensée, comme l'atteste le présent livre, issu d'une collaboration avec l'artiste Yann Toma.
    L'Homme en Or, c'est d'abord une performance artistique et philosophique. Le récit fictif de ses aventures compose un petit conte philosophique qui illustre la somaesthétique.

  • Si, entre mondialisation et fragmentation, l'État comme unité territoriale d'espace souverain est concurrencé par d'autres producteurs de normes, le principe territorial résiste et tend même à se renouveler. Ce renouvellement se concrétise par la prolifération de périmètres et de réseaux plus ou moins institutionnalisés et formalisés, à toutes les échelles, sub-, trans- ou supra-nationales. Mais cette prolifération et cet enchevêtrement ne permettent pas toujours de légitimer leurs représentants ni de construire socialement des identités vécues. Beaucoup de territoires ne deviennent ni des objets de représentation ni des référents identitaires. Il existe dès lors une crise de légitimité politique qui touche aussi, voire surtout, l'idée européenne.

  • Comment l'idée d'Europe émerge-t-elle en même temps que s'affirment les identités nationales et malgré les lignes de fracture d'un territoire européen mal défini ?
    Quels sont les processus à l'oeuvre dans la construction du territoire européen ?
    L'aire fonctionnelle de l'Europe ne dessine-t-elle pas un espace plus vaste que l'Europe elle-même ?
    Cet ouvrage aborde la question de l'Europe comme celle d'un objet politique et territorial en construction en dépit de fortes lignes de tension internes. Par ailleurs, l'Europe est également analysée comme un espace qui occupe une place particulière au sein de l'espace mondial.
    Clarisse Didelon est docteur en géographie. Elle enseigne la géographie à l'Université du Havre. Ses travaux portent sur l'Europe et la mondialisation.
    Yann Richard est agrégé et docteur en géographie. Il enseigne la géographie et la géopolitique à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent depuis 20 ans sur les dynamiques territoriales de l'Europe orientale et l'Union européenne et sur la place de l'Europe dans le monde.
    Gilles Van Hamme est géographe et docteur en sciences. Il combine un travail de recherche et d'enseignement au sein de l'Université Libre de Bruxelles. Ses travaux portent en particulier sur la construction historique des inégalités territoriales en Europe.

  • Pourquoi le régime de Téhéran fait-il trembler l'Occident depuis un quart de siècle ? Comment est née cette république islamique dont dépend aujourd'hui la paix au Moyen-Orient ? Cet ouvrage montre que les méandres de l'histoire expliquent en grande partie la radicalisation de ce pays où le clergé a joué un rôle politique bien avant l'ère de Khomeyni. Un nationalisme particulier, car inséparable de la religion, s'y est développé dès le XIXe siècle, en réaction contre des souverains autocrates qui vendaient les richesses du pays aux Russes et aux Britanniques. Une première révolution, en 1906, a doté l'Iran d'une monarchie de type parlementaire. Soixante-dix ans plus tard, la révolution qui a renversé le chah, après une politique de laïcisation mal acceptée, a été menée par les mollâs associés à des intellectuels libéraux et à des partis de gauche. Derrière le rideau de l'islam militant, les cortèges révolutionnaires réclamant l'indépendance et la liberté dénonçaient autant l'absolutisme du chah que l'impérialisme de Washington. La ferveur idéologique est aujourd'hui retombée, mais Téhéran veut plus que jamais jouer un rôle régional. Et les Iraniens vivent comme une revanche sur un siècle de domination étrangère et sur leur tragique isolement pendant la guerre contre l'Irak leur ambitieux programme nucléaire.

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