Langue française

  • Agamel « Une voix dans le noir. Ne peut être que celle d'un enfant. Celle d'un petit garçon.
    Seul. Seul dans le noir. Enfermé. Parle un peu. Se parle. Parle un peu tout seul.
    Tant que ça parle, y a de la parole. Passe le temps. Un long temps. Des longs temps. De si longs longs temps. Alors les mots s'atrophient. La parole se fait rare, avare.
    Un très très long temps. Restera «Oh, oh !», et un curieux «Agamel !».
    La voix d'un enfant du placard. Une horreur toute simple. Avec une happy end ? Va savoir. ».

    D'abandonnure « Ça commencerait par : un homme nous accueillerait dans le théâtre. Ça dirait l'abandon, les abandons, les peurs de l'abandon. Ça brasserait du conte, et de la mythologie tiens donc, et pourquoi pas ? Ça brasserait la Belle au bois dormant, le chasseur chargé de tuer Blanche Neige, Peau d'Âne et le petit Poucet... Ça masquerait cette blessure, ce lieu de l'abandon, cette déchirure béante que ça comblerait de stratagèmes. » Bruno Castan

  • Un lieu de passage encombré d'un monstrueux monceau de valises. Trois êtres tentent la traversée de ce désert oppressant. Mais dans cette allégorie burlesque de la mort, les valises prennent vie en s'ouvrant subitement sur le passage de Stepan, Aristide et Olympe. Ces valisesavatars sont autant d'obstacles à leur nécessaire transhumance, autant d'aides précieuses pour réussir leurs deuils. Une ode universelle au dépassement de ses propres peurs. Avec La Conquête du pôle Sud par la face nord, Bruno Castan use d'une langue belle et très orale dédiée à un théâtre poétique et onirique. Il compose tout en douceur, tendresse et légèreté une comédie burlesque de larmes à retenir.

empty