Littérature traduite

  • Antigone

    Sophocle

    • Minuit
    • 6 Janvier 1999

    Le malheur de la famille d'å'dipe est le fond sinistre sur lequel s'élève la pièce d'antigone, écrite et représentée vers 440, avant å'dipe roi (autour de 430) et å'dipe à colone (avant 406-405).
    Créon, qui succède au roi maudit, excommunie å'dipe dans son fils polynice qu'il interdit de sépulture. antigone, " la pauvre fille, fille du pauvre å'dipe ", est le personnage aveugle et redoutable de cette tragédie.

  • Le printemps 1943 : la bataille de Stalingrad venait de se terminer par la défaite des forces allemandes. Apparurent alors à Munich des affiches où on lisait :
    Ont été condamnés à mort pour haute trahison :
    Christoph Probst, 24 ans, Hans Scholl, 25 ans, Sophie Scholl, 22 ans.
    La sentence a été exécutée.
    Les trois étudiants décapités à la hache étaient, avec trois de leurs compagnons qui seront exécutés plus tard, les animateurs d'un mouvement de résistance, " La Rose blanche ", dont les Munichois avaient pu lire les tracts depuis quelques mois.
    Inge Scholl, soeur des deux premiers, raconte ici leur histoire : l'enfance en Bavière dans une famille catholique, l'entrée dans la Jeunesse hitlérienne, puis, peu à peu, la découverte de la réalité nazie et, enfin, cette décision déchirante : la résistance contre leur propre pays en guerre. " La vraie grandeur, écrit Inge Scholl, est sans doute dans cet obscur combat où, privés de l'enthousiasme des foules, quelques individus, mettant leur vie en jeu, défendent, absolument seuls, une cause autour d'eux méprisée. " Ces six universitaires ont plus que personne contribué à sauver l'honneur de l'Allemagne. Pascal disait : " Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger. " Nous devons croire celle-ci, entre toutes, aujourd'hui.

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  • Watt

    Samuel Beckett

    Lorsqu'il entre au service de monsieur Knott, Watt pénètre dans une demeure où règnent une stricte hiérarchie et une rigo ureuse observance des horaires quotidiens. Nouvel arrivant, l'activité culinaire et ménagère de Watt se cantonnera d'abord au rez-de-chaussée où il obéira aux ordres de l'autre serviteur, un nommé E rskine alors promu au service rapproché de M. Knott sis au premier étage. Toute une lignée de serviteurs ont précédé Erskine et Watt, bien d'autres leur succéderont sans doute lorsque, de nouveau venu en nouveau venu, Watt aura pris la place d'Erskine puis achevé le cycle qui lui est imparti...

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  • Traduit de l'anglais par Edith Fournier.

    « Extraordinaire mise en mots, en littérature, de l'exténuation, l'oeuvre de Samuel Beckett est ainsi, encore, paysage, attente et désir d'horizon. Lue sous cette lumière, elle ne peut plus, en aucune manière, être assimilée à la traduction imagée, ornée, romanesque pour tout dire, d'une pensée du désespoir, d'une morale mélancolique ou cynique élégamment balancée. Cap au pire est la traduction ? la recréation faudrait-il écrire, tant la version française d'Edith Fournier est convaincante ? d'un texte écrit en 1982 et publié l'année suivante, en anglais, sous le titre Worstward Ho.
    Encore : premier mot du livre et de tout ce qu'écrit Beckett. Premier et aussi dernier mot, qui reste suspendu à la fin de la phrase, de la page ou du souffle, quand tout semble dit et que le langage, comme le sol, se dérobe, quand l'épuisement gagne, a gagné. À partir de cet encore, la langue cependant se délie, se reconstitue, quitte à nouveau ce port de silence qui n'est jamais le bon, apprend à nouveau, apprend à dire encore à partir de rien, ou de si peu... Un corps peut-être, d'abord, ou bien d'abord le lieu. Non. D'abord les deux. Et le langage reprend, se reprend, apprend à vouloir dire encore et ce corps et ce lieu...
    Écoutez. Lisant, écoutez cette voix dénudée, ce chant très pur, comptine tout autant qu'épopée, ce chant qui est l'un des plus bouleversants encore de la littérature. » (Patrick Kéchichian, Le Monde)

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  • Comme un thème que propose un compositeur, auquel les interprètes musiciens peuvent apporter toutes sortes de variations personnelles, c'est un thème que Samuel Beckett nous propose dans Le Dépeupleur. Il crée avec une rigueur mathématique et géométrique un microcosme totalement clos, un « cylindre surbaissé » qu'il peuple d'une foule d'êtres captifs. Il y fait régner des castes, des hiérarchies très précises, et des lois extrêmement rigoureuses. Pour autant, l'interprétation du thème reste ouverte et c'est même dans la multiplicité des lectures qu'il suscite que réside son infinie richesse.

    Le Dépeupleur est paru en 1970.

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  • La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre patriculièrement dangereux.
    A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détache des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques qont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte.
    Il arrive ainsi que la pièce prene l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet.
    Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarné un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.

  • Inédits en français, ces poèmes ont été écrits entre 1930 et 1976. Au cours d'un demi-siècle, le style de Samuel Beckett évolue considérablement dans sa poésie comme dans toutes les autres formes de son oeuvre.
    Le jeune poète des années trente - qui fréquente les dadaïstes et les surréalistes, même s'il n'adhère pas à leur doctrine -, adopte un style baroque, excentrique, où s'expriment sa culture et son exubérance. Puis, peu à peu, Samuel Beckett abandonne toute emphase et atteint l'extrême dépouillement. Tandis que les mots vont s'amenuisant, la concision vers laquelle il tend alors confère à son oeuvre une intensité de plus en plus poignante, une profondeur et une force grandissantes.

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  • Hamlet machine

    Muller/Scharzin

    • Minuit
    • 1 Septembre 1985
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  • Texte écrit en anglais entre 1977 et 1979.
    La traduction française de l'auteur est parue en 1980.

    « Le livre est là sur ma table, avec sa couverture blanche et le bleu du titre : Compagnie, et j'ai presque peur de ce qu'il y a dedans. Peur et envie et besoin d'entendre de nouveau la voix connue, jamais vraiment connue, autre chaque fois. "Il ne pourra pas aller plus loin.., une expérience limite... Au-delà, il n'y a plus que le silence...", etc. On entend dire ça depuis des années, depuis L'Innommable, mais la voix de Beckett est toujours là et les livres se succèdent, empiétant sur le silence ou, mieux, intégrant toutes les qualités, toutes les formes du silence, se raréfiant pour mieux se trouver, avec des airs de tituber, de se perdre, mais soudain lacérant notre espace, et dans un souffle le mot juste est là, avec toutes ses arêtes comme un prisme noir de basalte.
    Donc, ce nouveau livre de Beckett, là, fermé encore. Histoire de l'apprivoiser, je le laisse un temps se familiariser sur ma table avec mon petit gâchis personnel (un mot cher à Beckett, ça). Compagnie, dit le titre, et déjà on se doute que c'est le livre d'une solitude, de la solitude. Oui, "seul", tel est bien le dernier mot, que je m'en vais cueillir aussitôt après avoir lu la première phrase : "Une voix parvient à quelqu'un dans le noir. Imaginer." Entre les premiers mots et le dernier tout le livre respire. Le clou du monosyllabe final troue la page. » (Geneviève Serreau, Le Nouvel Observateur, 1980)

  • « Composée de poèmes en prose ou de vers fondés sur des mètres libres, cette oeuvre déroule des aquarelles poétiques nées de l'exil et de l'errance : souvenirs pétrifiés de l'aéroport d'Athènes, fascinations périlleuses de Beyrouth, plaintes minérales de Damas, routes hallucinogènes d'Aden. L'écho des luttes politiques du peuple palestinien se retrouve ainsi dans une toponymie épique où surgissent les évocations mythiques de La Mecque, de Cordoue, de Sumer et de Babylone. La célébration des roses mystiques de Galilée se conjugue ensuite avec les réminiscences bibliques et coraniques de la légende de Joseph, de la Cène et de Marie, dans une plainte d'abandon désespérée, où le poète musulman retrouve les paroles du Christ sur la Croix. Au fur et à mesure des arabesques verbales, la nation éloignée devient un enjeu passionné, où l'amour charnel se confond avec les litanies de l'odyssée pour célébrer une prière de l'absence : « J'ai appris tout le langage et je l'ai défait pour composer un seul mot : Patrie.. » Un bestiaire fabuleux et la flore des contes apparaissent, au détour d'un cri, pour magnifier la nature blessée. L'évocation d'Homère et d'Eschyle apporte enfin le souffle tragique de la Grèce antique, comme pour mieux signifier la malédiction absurde des nouveaux Atrides du Proche-Orient. Par la diversification des références et des symboles. Darwich renouvelle un langage poétique recherchant toujours la mélodie harmonieuse du cantique ou du psaume. Nouveau journal d'exil de son peuple, ce recueil est aussi la moisson d'éternité des jours précaires du poète. » Bernard Moussali

  • Les textes rassemblés dans ce volume ne sont pas des interviews à vocation ponctuelle de communication dans l'instant, mais des conversations de Heiner Müller avec des collègues et amis, hommes de théâtre et universitaires de RFA et de RDA. Ces conversations éclairent sa démarche de pensée et accompagnent la publication de ses pièces, de l'année 1975, période à la quelle débute sa reconnaissance internationale aux États-Unis, en RFA et en France, jusqu'à sa mort en 1995.
    Deux événements ponctuent ce recueil. Le premier est d'ordre biographique. Il s'agit d'un séjour que Heiner Müller, écrivain d'Allemagne de l'Est qui avait été exclu de l'Union des Écrivains en 1961 et qui était à la fois reconnu et marginalisé dans son pays, fit « miraculeusement » aux États-Unis en 1975-76. Le second concerne l'histoire européenne. Il s'agit de la chute du mur de Berlin en 1989, suivie de la réunification allemande en 1990. Ces deux événements, de nature différente, sont reliés par un autre, à certains égards prémonitoire, auquel Heiner Müller fut confronté à son retour des États-Unis : la déchéance de citoyenneté est-allemande du chanteur et auteur de cabaret Wolf Biermann, qui fut le premier symptôme de la crise qui allait s'amplifier dans la RDA des années 1980.
    Ce recueil de conversations a vocation à montrer comment l'oeuvre de Heiner Müller, dans la seconde moitié du XX e siècle, est le pendant de l'oeuvre de Brecht dans la première moitié de ce même siècle et, à certains égards, la déconstruit.

  • Tous ceux qui tombent

    Samuel Beckett

    • Minuit
    • 3 Avril 2014

    Tous ceux qui tombent, pièce radiophonique en un acte pour onze personnages, a été composé d'abord en anglais, sous le titre All that Fall, en 1956, puis traduite en français par Robert Pinget en 1957. La pièce diffusée pour la première fois le 13 janvier 1957 à la BBC, puis en février 1959 à la RTF, connaît un très grand succès.
    La radio est un média qui intéressa beaucoup Samuel Beckett. C'est sans doute cette réflexion sur le son en général, et non sur la seule voix, qui l'amène à imaginer une pièce où les effets sonores vont jouer un rôle capital.
    " Jamais pensé à la technique du théâtre pour la radio, mais au plus profond de la nuit m'est venue une belle idée horrible pleine de roues qui grincent et de pieds qui traînent, d'essoufflements et de halètements, qui pourrait - ou pas - aboutir. " Samuel Beckett

  • La libre satisfaction des besoins instinctuels de l'homme est-elle compatible avec l'existence d'une société civilisée ? C'est à cette question qu'essaie de répondre la présente étude. Prolongeant la pensée de Hegel, de Marx et de Freud, ce livre ne révèle ni de la psychologie des profondeurs, ni de la philosophie, ni de l'anthropologie, ni de l'interprétation des mythes, ni de la sociologie des systèmes culturels ; il est pourtant tout cela à la fois. La thèse de Freud, selon laquelle le bonheur n'est pas une valeur culturelle, est radicalement mise en question. Le pessimisme freudien, lié à la structure de la société répressive, est situé dans son contexte historique, et l'auteur montre qu'une civilisation est finalement possible qui ne serait pas payée au prix d'une restriction quasi totale de la vie instinctuelle. L'ouvrage de Herbert Marcuse offre la première synthèse entre psychanalyse théorique et marxisme ouvert.

  • Les os d'écho

    Samuel Beckett

    • Minuit
    • 21 Septembre 2002

    Traduit de l'anglais et présenté par Edith Fournier.
    C'est le son de la voix d'un très jeune Samuel Beckett que l'on entendra ici, une voix qui peut parfois sembler bien étrange comparée à celle qui s'exprime dans ses oeuvres plus tardives. Mais les thèmes de ces poèmes feront résonner leur écho dans l'ensemble de son oeuvre.

    Les treize poèmes qui constituent ce recueil ont été écrits entre 1928 et 1935 : Le Vautour - Enueg I - Enueg II - Alba - Dortmunder - Sanies I - Sanies II - Serena I - Serena II - Serena III - Malacoda - Da Tagte Es - Les Os d'Écho.

  • Si Samuel Beckett assiste souvent aux discussions du groupe des artistes et des écrivains qui s'est formé, à Paris en 1947, autour de la revue de langue anglaise Transition que dirige Georges Duthuit, il n'aime guère y prendre directement part. C'est davantage dans une correspondance suivie, et au cours de conversations en tête à tête avec Georges Duthuit, qu'il se livre à un échange d'idées sur l'art en général et la peinture en particulier. En 1949, Samuel Beckett résume ces nombreux échanges et les transpose en trois dialogues imaginaires sur Tal-Coat, Masson et Bram van Velde.

    Ce recueil est paru en 1998, traduit de l'anglais en partie par l'auteur, en partie par Edith Fournier.

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  • Nouvelles écrites en anglais entre 1926 et 1933. Première publication : More Pricks Than Kicks, Londres, Chatto and Windus, 1934.
    Cette traduction française d'Edith Fournier est parue aux Éditions de Minuit en 1995.

    Table des matières : Dante et le homard (Dante and the Lobster) - Fingal (Fingal) - Ding-dong (Ding-Dong) - Rincée nocturne (A Wet Night) - Amour et Léthé (Love and Lethe) - Promenade (Walking Out) - Quelle calamité (What a Misfortune) - Le billet doux de la Smeraldina (The Smeraldina's Billet Doux) - Blême (Yellow) - Résidu (Draff).

  • Que peut la poésie pour l'enfant ayant grandi dans les blessures ? comment dire le pays enseveli dans le souvenir de plus en plus lointain, épais et tremblant ? pour le palestinien mahmoud darwich, il reste le corps et les mots, citadelle abritant une douleur d'orgueil.
    Il reste l'errance pour un peuple voyageant dans " la caravane ininterrompue de l'exode ". mahmoud darwich a deux métiers : la poésie et le souvenir. parfois les deux se rejoignent. avec le poème, le souvenir devient miroir, échelle pour le temps et défaite du sommeil et de l'oubli. célèbre dans le monde arabe, il n'est pas pour autant ce qu'on appellerait un " poète militant ". son engagement est dans l'écriture, dans la poésie ; il est loyal envers l'imaginaire de son peuple, de tout peuple voué à l'errance.
    Rien à voir avec cette poésie qui brandit les slogans et ruine la beauté et l'émotion. darwich est un poète épique. tahar ben jelloun. (le monde).

  • Philoctete

    Heiner Müller

    • Minuit
    • 8 Octobre 2009

    Le Philoctète de Heiner Müller n'est pas une adaptation de la pièce grecque mais un palimpseste qui efface et recouvre l'oeuvre première, et la laisse transparaître par instants sur le mode de la radiographie. Dans ce Philoctète il n'y a pas de choeur, pas de deus ex machina, pas d'apparition d'Héraclès pour rendre possible le happy end final. C'est un Philoctète sans Dieu (x). Heiner Müller ne rivalise pas avec Sophocle, il détruit, démolit, déconstruit le modèle tragique des philosophes allemands qui, à l'aube du 19e siècle, ont inventé la Grèce des Allemands qui devait faire pièce à la Grèce de Racine et des Français. Le Philoctète de Heiner Müller brise et fait saigner la statuaire grecque implicite dans l'interprétation de Hegel (dans l'Esthétique). De son Philoctète beckettien Heiner Müller a dit un jour qu'il était " le négatif d'une pièce communiste ". Le vers müllérien, habité par des tensions contraires, entre tragique et brutalité, semble avoir subi le maximum de violence qu'un vers puisse endurer sans cesser d'être de la poésie.

  • Cassirer a mis un terme à l'aveuglement qui déniait toute activité philosophique à la vaste période de renaissance des lettres et des arts qui s'ouvre au XVe siècle avec Nicolas de Cues, premier théoricien du monde infini et s'achève en 1600 avec le supplice de son disciple Giordano Bruno. Cette philosophie était à déceler et à restituer dans sa vraie nature et son ampleur au prix d'un déchiffrage du riche tissu d'allégories poétiques et plastiques où se détache le ferme dessin du Microcosme, l'Homme de l'Humanisme, prenant possession du monde, ancêtre du Cosmotheoros des derniers textes de Kant.
    L'humanisme est questionnement universel, foisonnement littéraire, éclat de l'érudition, élargissement de l'horizon... Mais il ne le serait point sans la puissante armature intellectuelle de sa philosophie. Au-delà des riches et pittoresques figures de ces temps d'éclosion apparaît l'unité systématique de la pensée qui a produit le monde moderne.
    Les deux textes donnés en complément, De la pensée de Nicolas de Cues et Le Sage de Charles de Bovelles, sont, plus que des documents, les pièces à conviction de ce procès en réhabilitation de la philosophie de la Renaissance.

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