Entreprise, économie & droit

  • En octobre 1930, John Maynard Keynes publie Perspectives économiques pour nos petitsenfants. Volontaire et optimiste malgré la crise, il affirme que nous pouvons enfin « résoudre notre problème économique » à condition de bien vouloir sortir des conceptions classiques de l'économie. Aussi et surtout nous devrions remettre l'économie à sa véritable place, au service de la société, pour nous consacrer enfin et principalement à notre « problème véritable et permanent : comment employer la liberté arrachée aux contraintes économiques ? » « Si les économistes pouvaient parvenir à se faire considérer comme des gens humbles et compétents, sur le même pied que les dentistes, ce serait merveilleux ! » Merveilleux, oui, si enfin débarrassés de nos faux besoins et de notre insatiable cupidité, nous pouvions faire place à l'amour, à l'art et à l'amitié. Au sein du fameux groupe de Bloomsbury, Keynes cultive les amitiés plus ou moins sulfureuses et les discussions érudites. En 1919, il dénonce virulemment les conditions et les risques du Traité de Versailles, dans un texte (Les conséquences économiques de la paix) qui le rendra célèbre. Développant sa Théorie générale il développe une forte critique contre le laisserfaire et les principes de l'orthodoxie monétaire.
    Au cours de la conférence de Bretton Woods (1944), il défend l'idée d'une monnaie mondiale. Ces quatre épisodes permettent de percevoir un Keynes toujours soucieux de défendre une perspective globale de la société où l'art de vivre est sa plus grande préoccupation. Ce n'est pas là une posture de dandy ou de bourgeois bien pensant : c'est la seule manière sérieuse d'interroger tout système économique en posant la question de ses finalités.

  • La France est en faillite et la dette écrase le
    destin des jeunes générations. Chaque nouveauné
    aura à payer 18 700 Euros de dette affirme le
    banquier Michel Pébereau dans son fameux
    rapport de 2005. Experts et hauts responsables
    de l'Etat répètent à l'envi que la rigueur budgétaire
    s'impose. De Mirabeau, qui pendant la Révolution
    française est le premier à faire un lien entre
    l'endettement et le désordre social, aux critères
    de Maastricht qui consacrent l'orthodoxie
    financière, experts, économistes et hommes
    d'Etat se sont relayés pour mieux limiter les
    déficits et la capacité d'endettement des
    gouvernements. Et pour mieux se conformer aux
    "lois de l'économie", on en appelle aujourd'hui
    au bon sens des simples contribuables, des bons
    pères de famille et de Monsieur Tout le Monde.
    Si les arguments portent jusqu'à se présenter
    comme des évidences, il reste à comprendre ce
    qu'il en est exactement ? D'où viennent ces chiffres
    qui parfois donnent le vertige et inquiètent ?
    Dans un style simple et pédagogique Marc
    Bousseyrol propose de revenir sur les méthodes
    de calcul comme sur les principaux arguments
    développés à droite comme à gauche. On comprend
    alors que la France n'est pas en faillite. Que la
    dette n'est pas un mal en soi. Que les jeunes
    générations ne sont pas nécessairement les victimes
    des déficits est un sujet de lutte entre classes
    sociales et non entre générations. Et finalement,
    que les économistes ne sont pas tous d'accord
    sur les effets de l'endettement.

  • "Dans les années soixante, l'humoriste Pierre Dac remarquait : « Il est encore trop tôt pour dire s'il est déjà trop tard ». Ce n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui.
    Après le quatrième rapport du GIEC (Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat) de 2007, et plus encore depuis son actualisation par les climatologues à la réunion de Copenhague de mars 2009, nous savons qu'il est désormais trop tard." Notre civilisation matérielle et productiviste rencontre aujourd'hui les limites de son développement : ce sont les limites de la planète elle-même, mise au service de notre frénésie consumériste. Cette prise de conscience est assurément l'événement le plus décisif de notre temps.L'urgence écologique appelle des transformations radicales de nos modes de vie. Ces changements radicaux de nos modes de vie ne peuvent se concevoir que dans un nouveau rapport au temps. Réintroduire de la proximité et de la lenteur dans les processus de production et de consommation, réduire le temps de travail, réapprendre à s'occuper de nos proches et de nos amis, comme nous désaliéner de nos conditions de travailleurs forcenés sont des enjeux essentiels. En un mot, rechercher les liens plutôt que les biens. Il nous faut donc transformer nos rythmes sociaux pour que nous puissions retrouver le temps de vivre.

empty