Cinq Continents

  • Les We vivent dans les forêts de la frontière occidentale de la Côte d'Ivoire. Leur nom signifie « les hommes qui pardonnent facilement ». Dans la vie sociale de ce peuple, la cellule familiale joue un rôle important. Chaque famille est conduite par un patriarche, révéré pour sa sagesse et sa richesse, à qui incombe de superviser la vie du clan. Il organise les mariages, règle les conflits et influence la vie religieuse.
    Longtemps désignés sous d'autres appellations (Guere, Wobe, Kran), les We vivent de part et d'autre de la frontière entre le Liberia et la Côte d'Ivoire - et sont de ce fait considérés, dans les deux pays, comme une population « périphérique ». Il s'agit d'une civilisation de masques, aux antipodes d'autres sociétés qui en sont dépourvues (tels les Ashanti, au Ghana).
    Leurs masques, pourtant, par leur hardiesse plastique, furent parmi les premiers à subjuguer les artistes cubistes en Occident. Kahnweiler, le célèbre marchand d'art de Picasso, racontait que l'artiste possédait un masque wobe et que c'est justement son étude qui poussa Picasso vers des évolutions si innovantes.
    Insolites, exubérants, fantasmagoriques, leurs masques surprirent par leur diversité et leur éblouissante inventivité formelle. Ils ont également influencé les oeuvres de peuples voisins. Au point que leur art, loin d'être isolé, à l'écart, perdu dans la forêt, apparaît comme une clé de voûte, un pivot - si l'on cesse de croire que la création obéit aux découpages coloniaux.
    Avec ce constat majeur : il s'agit bien d'une civilisation de masques, tant ils sont abondants dans chaque village. Régissant tous les domaines (juridique, mystique, agricole), ils participent aux multiples phases de la vie. Cet art évolutif, mobile, implique une différence capitale par rapport aux créations d'autres peuples, chez lesquels la morphologie détermine aisément le sens, la portée, le type de cérémonies : chez les We, la forme ne permet jamais vraiment d'inscrire l'oeuvre dans une catégorie.

  • Alors que beaucoup de sociétés congolaises furent autrefois réputées pour leurs sorties de masques impressionnantes et pour leurs maisons de chefs sculptées, c'est seulement parmi une poignée de populations, dont les Pende font partie, que ces phénomènes ont été étudiés comme traditions vivantes. Elaboré à partir de recherches de terrain de nombreux chercheurs depuis les années 1950, l'ouvrage offre un aperçu unique de l'environnement dynamique de la performance tant en ce qui concerne les mascarades que la sculpture en Afrique centrale. Autant que faire ce peut, le texte privilégie les témoignages des Pende afin de comprendre les différences qui existent entre la pratique rituelle et la forme esthétique. Soucieux du contexte historique, il relate aussi comment ces pratiques artistiques ont répondu (parfois de manière imprévisible) aux pressions coloniales et post-coloniales. Les nombreuses photographies reprennent des oeuvres emblématiques et en proposent d'autres, inédites, sélectionnées pour illustrer l'éventail complet de l'expression pendé.

    Z. S. Strother est professeur au département d'Histoire de l'art de la « University of California » à Los Angeles. Sur la base de 32 mois de recherche de terrain (1987-1989), elle a publié de nombreux écrits sur les Pende et notamment Inventing Masks:Agency and History in the Art of the Central Pende qui reçut le «Arnold Rubin Outstanding Publication Award » décerné pour une étude originale publiée entre 1998 et 2000.

  • Un nouveau volume d'une collection à succès, « Visions d'Afrique ». Consacré aux arts de l'Afrique, chaque volume de cette collection, écrit par un spécialiste du domaine, s'intéresse à un groupe ethnique différent.
    Le peuple mossi du Burkina Faso a une histoire riche et complexe, qui se retrouve dans les différents types et styles de figures et de masques qu'il crée depuis toujours. Les Mossi sont entrés dans l'histoire vers l'an 1500 de notre ère, lorsqu'une troupe imposante de cavaliers, venant du nord-est de ce qui est désormais le Ghana, a envahi la vallée de la Volta et entrepris la conquête des communautés locales. Les descendants de ces conquérants sont devenus chefs de tribu et ont réalisé des figures royales, usant de l'art politique pour légitimer leur pouvoir, tandis que les descendants des communautés locales ont formé une classe dédiée au culte des esprits et sculpté des masques représentant les esprits de la nature.
    Christopher D. Roy est professeur d'histoire de l'art et professeur associé de la chaire Elizabeth M. Stanley d'histoire de l'art africain à l'université de l'Iowa. Il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur l'art africain en général et sur l'art du Burkina Faso en particulier.

  • Cet ouvrage passe en revue les diverses formes d'art propres aux 15 à 20 millions d'Igbo qui vivent dans la partie sud-est du Nigeria, en s'intéressant tout particulièrement aux réalisations du XXe siècle, sans oublier toutefois les bronzes et les céramiques des IXe et Xe siècles retrouvés sur trois sites d'Igbo-Ukwu habités par une même famille. Certains aspects de ces pièces archéologiques se retrouvent à l'identique dans des oeuvres d'art exécutées dix siècles plus tard.
    L'accent est mis sur les divers styles régionaux de sculptures figuratives, dont certaines plus grandes que nature, et des styles encore plus nombreux de masques provenant d'une bonne dizaine de régions, qui ne sont pas de simples formes, mais des instruments porteurs d'une intense signification pour la vie religieuse, sociale et politique. Le style et le contexte de ces arts sont étudiés avec attention, de même que la place qu'ils occupent dans le système esthétique international et le rôle des artistes et des mécènes.
    L'ouvrage examine les arts associés aux personnes, aux familles et aux communautés tout entières : décoration privée, objets domestiques, objets associés à la divination, formes architecturales, emblèmes de pouvoir, statuettes de culte, autels personnels et publics, et un vaste échantillon de plusieurs milliers de masques, qui représentent sans doute la quintessence de l'art igbo. Le livre s'achève sur une analyse des changements, de la concurrence et des développements intervenus dans le domaine des arts africains au cours du siècle dernier.

  • Les qualités esthétiques des oeuvres produites par les Bamana du Mali (aussi appelés Bambara) séduisent depuis longtemps le regard occidental.
    L'ouvrage présente ces objets d'art religieux tout en permettant au lecteur de retrouver leurs dimensions sociales et culturelles. En effet, toute création plastique met en action un réseau de valeurs complexes, parfois seulement accessibles à quelques initiés, mais toujours profondément ancrées dans un système de pensée et un mode de vie que seule la recherche anthropologique de terrain peut tenter d'approcher et d'étudier.
    Pour replacer les oeuvres dans leur contexte local, l'ouvrage passe en revue les initiations des jeunes et les funérailles, rites de passages fondamentaux auxquels on ne peut se soustraire. Pour le déroulement des rituels, chacune de ces associations met en scène un nombre important de productions artistiques. Leurs qualités esthétiques sont des critères d'appréciation essentiels que les Bamana recherchent afin que leurs pouvoirs religieux et politiques soient sublimés dans une logique alliant efficacité formelle et conceptuelle.

  • Un panorama essentiel et fascinant du peuple Kuba et de son art, illustré par cinquante pièces particulièrement représentatives.

    Cet ouvrage réunit pour la première fois les plus remarquables spécimens de la sculpture et des arts décoratifs des Kuba, des objets de bois pour la plupart, issus des plus grands musées et collections particulières du monde entier. Alors que les figures royales (ndop) du peuple Kuba sont considérés comme les sculptures les plus achevées de toute l'Afrique sub-saharienne, historiquement, les Kuba ont produit très peu de statues. Ils se consacrent d'une part à une variété sans précédent d'arts décoratifs, utilisés comme indicateurs de succès et de réussite. Ils ont aussi réalisé une grande quantité de masques et autres objets liés aux rituels d'initiation, associés aux sociétés d'hommes dont la principale préoccupation demeure la formation des plus jeunes aux valeurs de ces sociétés et au culte des morts. Cet ouvrage étudie les aspirations permanentes des Kuba, perceptibles à travers la prolifération d'une production artistique directement liée au désir de d'ascension sociale et au prestige qui l'accompagne dans les sphères politique et économique. Il analyse aussi la croyance dans le pouvoir des esprits de la nature et des esprits des membres de la tribu récemment décédés.

  • L'ouvrage, abondamment illustré, propose des oeuvres représentatives de l'art des Luba de la République démocratique du Congo. Parmi les thèmes majeurs, le rôle des arts visuels et des performances ainsi que l'instrumentalisation des insignes royaux dans le cadre de la politique traditionnelle des Luba sont développés. Le texte fournit également des explications sur le symbolisme des images de la femme, la féminité du roi, la résolution des problèmes et les processus de guérison. Enfin, il aborde le phénomène de l'utilisation des objets d'art dans la création et la transmission de la connaissance historique tant au coeur du pays luba que dans sa périphérie. Des études de cas observés au cours des nombreuses recherches de terrain des auteurs viennent éclairer le système philosophique que soustendent la pensée et l'expression visuelle des Luba.

    Mary Nooter Roberts, directrice adjointe et conservatrice en chef au Fowler Museum of Cultural History de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Elle fut également, pendant une décennie, conservatrice au Museum for African Art de New York. Allen F. Roberts, professeur des arts et cultures du monde et directeur de l'African Studies Center de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

  • Les Baule, installés au centre de la Côte d'Ivoire, possèdent un art extrêmement diversifié, dans presque toute catégorie d'objets, comme si chaque élément utilitaire était source de création. Alors que les peuples voisins se bornent souvent à sculpter des masques, et d'autres, uniquement des statuettes, les Baule possédaient jadis des portes, des cuillers, des poulies, des tambours décorés, et ils ont su tirer parti des moindres ustensiles : sièges, amulettes, lance-pierres... Foisonnement artistique qui se traduit aussi par la manière dont tous les matériaux ont été utilisés : bois, tissus, métal, or... Et très souvent ce sont les oeuvres a priori les plus humbles qui sont aussi les plus fortes sur le plan esthétique. L'intérêt pour cet art fut d'ailleurs, si on le compare à celui d'autres régions d'Afrique, très précoce en Europe, dès le début du XXe siècle, parce qu'il semblait immédiatement séduisant. Cet ouvrage nous offre une vue d'ensemble du peuple Baule afin de mieux comprendre comment des formes et des styles très divers proviennent d'un ensemble unique. Il examine l'art Baule à travers des clichés de terrain et une cinquantaine de pièces, dont certaines sont de véritables chefs-d'oeuvre, provenant de musées ou de collections particulières.

    Alain-Michel Boyer, professeur d'art africain, est membre du Conseil National des Universités à Paris, après avoir enseigné dans des universités américaines. Agrégé, diplômé d'anthropologie et deux fois docteur à la Sorbonne, il a vécu trois ans dans un village baule et retourne toutes les années plusieurs mois en Afrique. Il a publié de nombreux livres dont le plus récent est Les Arts d'Afrique (Hazan, 2006).

  • Les Yaka, qui vivent à la pointe sud-ouest de la République démocratique du Congo, produisent depuis plus d'un siècle des statuettes figuratives, des masques et autres objets qui ont fasciné les explorateurs, les agents commerciaux, les officiers coloniaux, les missionnaires et les collectionneurs d'art africain. Ce livre rassemble quelques-uns des spécimens les plus anciens et aussi les plus remarquables sur le plan visuel, et les situe dans leur contexte en rappelant leur usage dans les rituels de guérison et de cérémonie - investiture des chefs, « institutions d'affliction », initiation et rites de passage à l'âge adulte (nkhanda). L'auteur revient aussi sur leur interaction avec les objets d'art premier et sur les concepts fondateurs de la société yaka, tels que l'organisation du pouvoir, la divination et la sorcellerie. De plus, les objets d'art sont replacés dans l'histoire d'un peuple qui présente des exemples d'artefacts à la fois plus anciens et plus récents, et des changements subtils de la matrice sociale, conséquences notamment des influences du colonialisme et des mouvements religieux hostiles au fétichisme.

  • Les Yorubas comptent plus de 25 millions de personnes vivant au Nigeria et dans certaines régions limitrophes du Bénin et du Togo. Ils sont divisés en plusieurs royaumes. L'étude des données archéologiques et des sources historiques montrent qu'au début du IIe millénaire avant J.-C., de nombreux royaumes yorubas étaient de gros centres urbains dotés d'institutions économiques, culturelles, politiques et religieuses très développées.
    La qualité exceptionnelle de l'art yoruba - art qui peut prendre des formes aussi bien naturalistes qu'abstraites et schématiques -, depuis ces époques anciennes jusqu'à aujourd'hui, témoigne de la complexité de la culture, de l'histoire et de la religion de ce peuple. Au sein de cette culture, d'importantes variations régionales se reflètent dans les différences stylistiques, mais partout l'art occupe une place très importante : il enrichit la vie, il exprime des goûts et un statut social, mais il sert aussi à vénérer et influencer les divinités qui administrent le cosmos au nom de l'Etre suprême.
    S'appuyant sur des observations de terrain et sur de nombreuses sources orales ou publiées, ce volume est une occasion rare d'entrer dans la poétique et dans la dynamique de l'art yoruba, dans sa signification ontologique, et dans cette croyance des Yorubas selon laquelle le "beau" et le "bien fait" sont sources d'un pouvoir particulier qui attire l'attention.

  • L'Art du Nigeria dans les collections privées françaises propose une incursion dans la riche production artistique du Nigeria à travers un choix d'oeuvres toutes plus belles les unes que les autres provenant de collections privées françaises. L'exceptionnelle sélection ici présentée est le fruit du travail et de la passion du commissaire de l'exposition, Alain Lebas qui, grâce à la générosité de nombreux collectionneurs, a pu rassembler un ensemble unique de pièces magnifiques.
    Des auteurs de renommée internationale ont été invités à nous faire découvrir le Nigeria, ses populations et leurs cultures diversifiées. Une présentation de leur univers mythologique nous permet de mieux saisir la nature et l'importance des pièces exposées. Puis un retour historique sur l'apparition des pièces nigérianes sur le marché de l'art en France met en perspective plus de cinquante années d'intérêt et de collection.
    Finalement, quatre collectionneurs chevronnés nous livrent leur passion et l'émotion que suscitent en eux les oeuvres d'art du Nigeria. De très belles photos de la majorité des pièces présentées dans l'exposition et signées Hughes Dubois ne manqueront pas de ravir les amateurs aussi bien que les grands connaisseurs.

  • Les peuples de l'aire Kota de l'Afrique équatoriale atlantique ont développé dans leurs représentations des ancêtres une créativité onirique alliant un sens aigu de la stylisation du réel tendant à l'abstraction, à un étonnant sens du décor avec une utilisation généralisée du métal - cuivre, laiton, fer. Mais ce qui pour nous, Occidentaux, semble avoir été un « goût » d'ordre esthétique, était en fait au coeur des villages Kota une nécessité symbolique, la plupart des motifs décoratifs étant des signes liés au système d'organisation familiale ou aux croyances religieuses.
    De même pour l'emploi du cuivre qui était une matière rare et en conséquence, une marque de richesse et de puissance sociale. La figure de reliquaire mbulu-ngulu était une icône, le repère visuel d'un monde où les ancêtres continuent à veiller sur leurs descendants. C'était, en pays Kota, un « outil » essentiel pour la survie des groupes, permettant une communication récurrente entre les vivants et les morts.
    Supports de mémoire et instruments de mobilisation des forces occultes des Gabonais et Congolais d'antan, les figures de reliquaire et les masques d'initiation des Kota et Mbete, dans la diversité de leurs formes, sont peu à peu devenus, au côté des byeri fang et autres nkisi punu, les emblèmes immémoriaux de la culture et des valeurs ancestrales des peuples de la grande forêt équatoriale africaine.

  • Une lecture accessible qui, en présentant soixante-trois pièces exemplaires, introduit à l'histoire et à la symbolique de l'art royal du Bénin.

    Ce livre constitue une introduction à l'histoire complexe et à la symbolique de l'art royal du Bénin, du XVe au XIXe siècle. Plusieurs raisons déterminent la place privilégiée du royaume du Bénin, situé en Afrique occidentale, dans l'art africain. L'abondance d'oeuvres remarquables est impressionnante, mais ce n'est pas seulement la quantité des pièces qui ont orné le site royal pendant des siècles qui suscite l'admiration : la qualité artistique et la dimension esthétique de ces objets exerce aussi une grande fascination. Le laiton et l'ivoire ainsi que le corail étaient privilégiés au Bénin car ils étaient considérés comme des matériaux royaux réservés aux souverains et, dans une moindre mesure, aux classes sociales supérieures. Les précieux objets en bronze et les sculptures en ivoire étaient utilisés pour les autels, les rituels et les représentations qui se déroulaient dans l'environnement palatial.
    Leur rayonnement hors d'Afrique commence en 1897 quand, butin de guerre coloniale, de nombreuses pièces arrivent en Europe et suscitent un vif intérêt auprès des scientifiques et des cercles d'amateurs. Ce nouveau titre de la série "Visions d'Afrique" présente aussi les différentes interprétations du style de ces oeuvres et constitue un document essentiel pour comprendre l'un des chapitres les plus fascinant de l'histoire de l'art africain.

    Barbara Plankensteiner est commissaire des collections d'Afrique subsaharienne au Museum für Völkerkunde de Vienne. En 2008, elle a été commissaire, avec Kathleen Bickford Berzock, de l'exposition "Benin - Kings and Rituals: Court Arts from Nigeria", à l'Art Institute de Chicago.

  • Situés dans la région sud-ouest du Gabon, les Punu font partie d'un groupe de populations essentiellement connues pour leurs masques blancs. Ces objets, qui n'ont jamais cessé d'impressionner les amateurs d'art africain, avaient déjà fasciné les artistes occidentaux du début du XXe siècle. Le réalisme idéalisé du visage recouvert d'argile blanche, les yeux légèrement bridés, la bouche aux lèvres rouges finement ourlées et la coiffure sophistiquée font partie des caractéristiques stylistiques de ces masques. L'ouvrage étudie le contexte d'utilisation rituelle de ces objets importants que les Punu faisaient sortir à l'occasion de danses. Cette étude des traditions punu et de leurs imbrications, avec pour toile de fond l'histoire de cette région du sud du Gabon, passe également en revue d'autres objets, beaucoup moins connus, comme des statues à usage magique, des amulettes et des instruments de musique.

  • Cette introduction à l'art plastique d'un des peuples les plus réputés de l'Angola et de la République démocratique du Congo met exclusivement l'accent sur la ronde-bosse. Après avoir situé les Chokwe dans le temps et dans l'espace, les différents chapitres traitent des figurines utilisées dans
    le rituel de la divination, de la statuaire liée aux cultes de possession hamba, de la statuaire classique ancienne (xviiie et xixe siècles) dite « du pays d'origine », des objets de cour, privilèges de l'aristocratie guerrière et des masques en bois associés à la chefferie et aux rites initiatiques de la circoncision. Une attention particulière est portée aux précieuses effigies de Chibinda Ilunga, le héros civilisateur des mythes d'origine, dont pratiquement tous les exemplaires sont parvenus en Europe au xixe siècle, ainsi qu'aux sièges, dont le symbolisme et la fonction sont révélateurs à la fois de la religion et de la structure hiérarchique des chefferies. Une quinzaine de photographies de terrain, pour la plupart inédites et provenant des archives de la Section d'Ethnographie du Musée royal de l'Afrique centrale (Tervuren), viennent illustrer le texte.
    Boris Wastiau, un des conservateurs de la Section d'Ethnographie du Musée royal de l'Afrique
    centrale à Tervuren, est spécialisé dans les arts rituels du Haut Zambèze et du Haut Kasaï.

  • L'art des Fang est l'un des plus emblématiques des arts de l'Afrique noire et cela depuis leur « découverte » par Braque, Picasso et les autres avant 1914. Cette célébrité immédiate de quelques effigies de bois sombre du byeri et des grands visages, blanchis de kaolin, du mystérieux ngil a conduit, paradoxalement, à une certaine méconnaissance des multiples ressources de l'imaginaire des six principaux sous-groupes « fang» répartis géographiquement entre Yaoundé au nord et l'Ogooué au sud. Considérés dans cet ouvrage selon une perspective globale, tous les artefacts « fang» à caractère social, rituel ou symbolique - statuettes ou têtes seules liées au culte des ancêtres, masques de danse des différents rites, insignes de pouvoir, coiffes et parures, armes, instruments de musique décorés, ustensiles de la vie quotidienne - témoignent, sur des supports divers, d'une créativité esthétique étonnamment variée, en phase avec l'univers foisonnant des croyances et des mythes. Louis Perrois est ethnologue et historien de l'art ; il a été formé au Musée de l'Homme à Paris. Ayant séjourné presque vingt ans au Gabon puis au Cameroun (1965-1984) où il a pu mener de nombreuses enquêtes de terrain sur les traditions et les arts rituels des différents peuples de la région (Fang, Kota, Punu puis Bamileke), il a publié une quinzaine d'ouvrages et de catalogues à propos des arts de l'Afrique équatoriale atlantique.

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