Albin Michel

  • Née en 1860 dans un contexte antijuif particulièrement tendu, tant en Orient (affaire de Damas en 1840) qu'en Occident (affaire Mortara en 1858), l'Alliance israélite universelle s'est rapidement imposée comme la version juive de la « mission civilisatrice de la France ». À travers son réseau d'écoles modernes s'étendant du Maroc à la Perse, elle a contribué à l'émancipation de la condition juive comme à la modernisation des communautés juives et plus largement de leurs pays d'accueil. Mais elle s'est également retrouvée prise dans une série de controverses - avec les rabbins qui l'accusaient de saper les valeurs traditionnelles, avec le sionisme naissant - et de fantasmes antisémites. À travers son prisme, c'est toute l'histoire complexe des relations entre l'Europe, le monde musulman et les Juifs qui se donne à lire et nous ouvre à un autre regard sur les problématiques contemporaines.

  • Le judaïsme mêle doctrine et rite dans la "pratique" pour aboutir à un mode de vie spécifique qui ne se restreint pas à ce qui est généralement considéré comme du domaine du sacré.
    Ainsi, l'existence quotidienne s'intègre dans le système religieux à des fins de sanctification totale de l'individu.
    C'est grâce à une rigoureuse observance religieuse -notamment des lois sabbatiques, matrimoniales et alimentaires - qu'israël a pu survivre à des siècles de persécutions.
    Dans cet ouvrage, le grand rabbin ernest gugenheim (1916-1977), issu d'une longue lignée rabbinique, ancien directeur du séminaire israélite de france, décrit avec précision l'atmosphère particulière qui baigne l'existence du juif pratiquant.

  • On peut difficilement imaginer terrain plus miné que celui de l'archéologie biblique. Sur tous les plans - théologique, historique, politique, diplomatique - elle soulève les plus grandes passions, les débats les plus passionnés quant aux origines de la civilisation monothéiste, à cheval entre le mythe et l'histoire.
    Le petit livre du professeur Cline, l'un des plus éminents spécialistes contemporains de la discipline, permet de faire le point sur les enjeux du champ. Il retrace d'abord une salutaire histoire des fouilles et des interprétations, depuis les premières excavations menées, Bible en main, par des théologiens protestants jusqu'aux méthodologies actuelles en passant par l'épineuse question des nationalismes proche-orientaux et les relations équivoques avec le champ de la critique biblique. Il fait ensuite le point, avec une impeccable rigueur, sur l'état actuel de notre savoir, depuis l'époque du Déluge jusqu'à celle de Jésus.
    Ce livre constitue un vade-mecum indispensable à quiconque s'intéresse à l'histoire de notre culture.

  • L'intérêt de l'histoire de la langue hébraïque dépasse de loin le cadre purement linguistique.
    Langue de la Bible, l'hébreu fut longtemps considéré par les théologiens comme "la mère de toutes les langues". Son histoire suit celle du peuple hébreu puis celle des juifs dans leurs diverses pérégrinations. Après des siècles de somnolence pendant lesquels l'hébreu ne fut qu'une langue liturgique et une langue écrite, il connaît depuis près de cent ans une véritable résurrection sur la terre qui l'a vu naître.

  • Figure majeure de l'histoire de France, Saint Louis constitue pour les juifs un symbole ambigu. D'un côté, il représente la bigoterie antijuive puisqu'il fait brûler le Talmud, impose le port de la rouelle (l'ancêtre de l'étoile jaune), et cherche à expulser les juifs du royaume de France. D'un autre côté, le XIIIe siècle qu'il incarne constitue pour les juifs de France un certain âge d'or.
    Au-delà de la figure personnelle de Louis IX - du reste plus pragmatique qu'on ne le pense traditionnellement - Juliette Sibon dresse un portrait clair de la société juive d'alors, abordant tant son rapport au pouvoir politique que son insertion socio-économique en cette ère de naissance du capitalisme ou sa vie culturelle très riche.
    Cet ouvrage de synthèse, très accessible, nous ouvre à une époque clé de l'histoire juive mais aussi à un aspect méconnu de l'histoire de France.

  • Présente depuis l'époque de l'Empire romain, la communauté juive d'Italie est riche d'une histoire plurimillénaire. À la Renaissance, elle a pleinement participé à cette formidable aventure culturelle que nous fait revivre Alessandro Guetta. Les études bibliques, talmudiques, la philosophie et la kabbale, mais aussi la linguistique, la poésie, le théâtre, connaissent une effervescence sans pareille, avant et après l'institution des ghettos. Pendant cent cinquante ans, les Juifs d'Italie ont su développer une culture à la fois fidèle à leur tradition et ouverte aux nouveautés de l'époque : en un mot, une culture juive « moderne ».

  • 4e Etre juif en Pologne Daniel Tollet NOV. 2010 13/09/2010 La présence des Juifs en Pologne a duré un millénaire, au cours duquel cette population n'a cessé de s'accroître jusqu'à la catastrophe de la Shoah.
    Quelles sont les conditions économiques, culturelles, religieuses et politiques qui ont permis cette présence juive ? Comment le climat s'est-il dégradé à partir de la vague européenne d'antisémitisme survenue à la fin du XIXe siècle ? Quels ont été les apports des Juifs de Pologne à la pensée juive et à la culture polonaise ?
    Parce que les Juifs ont voulu et ont pu s'intégrer en Pologne, leur histoire est indissociable de celle de ce pays. Et parce qu'ils ont été nombreux à s'y installer, l'histoire de la Pologne est indissociable de la leur.
    Dans cet ouvrage de synthèse, Daniel Tollet, docteur ès lettres, ingénieur de recherche à l'université de Paris-IV-Sorbonne, auteur d'une Histoire des Juifs de Pologne du XVIe siècle à nos jours, s'efforce de répondre à ces questions en fonction des nouvelles sources historiques disponibles depuis la fin du régime communiste.

  • Apparu à la fin du XIXe siècle, le terme " sionisme " est aussi souvent utilisé qu'il est méconnu, voire dénaturé et réduit à une caricature dans le contexte du conflit israélo-palestinien. En plaidant résolument en faveur de la nuance et de la complexité, l'auteur a ici choisi, dans une démarche synthétique et thématique plutôt que chronologique, d'explorer le sionisme en tant que projet multiforme : retrouver la terre ancestrale, reconstituer les juifs en nation, créer un état démocratique, rétablir la langue hébraïque et offrir aux juifs persécutés un refuge et une patrie, tels furent ses objectifs complémentaires et interdépendants.
    En alliant tradition et modernité, utopie et normalité, particularisme et universalisme, le sionisme a rencontré à l'épreuve du réel des réussites et des échecs. Denis Charbit procède à l'inventaire de cette riche histoire, la confronte aux arguments de ceux qui la contestent et explore toutes les dimensions du sionisme au cours du siècle.


  • Présents en Espagne depuis l'Antiquité, les juifs ont longtemps vécu sans difficultés majeures au coeur des sociétés ibériques. Tolérés sous le pacte d'Omar, ils demeurent avec un statut particulier dans les royaumes chrétiens qui, du VIIIe au XVe siècle, entreprennent et réussissent la reconquête du sol espagnol, participant à presque toutes les activités économiques et culturelles.
    Au moment des guerres civiles et des tensions économiques des XIVe-XVe siècles, les juifs deviennent alors la cible d'attaques populaires, politiques et religieuses. Elles aboutiront à leur expulsion des royaumes de Castille et d'Aragon, le 31 mars 1492.

  • Gilbert Dahan, directeur de recherches au CNRS, auteur d'une importante thèse sur les relations entre juifs et chrétiens au Moyen Age, nous présente ici un aspect de ces relations : la polémique théologique ou disputatio, qui fleurit aux XIIe et XIIIe siècles. Celle-ci avait commencé de façon courtoise, voire exemplaire. L'auteur étudie la dégradation des relations au XIIIe siècle et développe les principaux thèmes autour desquels tourne la polémique tant orale qu'écrite. Qu'elle soit étude commune des textes sacrés ou discussion passionnée sur les thèses propres à chacune des deux religions, la "dispute" judéo-chrétienne est constante au Moyen Age et semble se perpétuer d'une certaine façon dans le dialogue judéo-chrétien actuel.

  • En cette fin du XXe siècle, treize millions de juifs vivent dans le monde, dispersés sur cinq continents. Ils sont profondément impliqués dans les bouleversements politiques de ce siècle, dans ses mutations sociales, scientifiques et techniques. Après un panorama situant les judaïcités contemporaines, ce livre analyse les identités juives, les relations des juifs avec l'Autre, les échanges entre les diasporas et l'État d'Israël.

    Doris Bensimon, née à Vienne en 1924, est professeur honoraire de sociologie à l'université de Caen et à l'I.N.A.L.C.O. à Paris. Elle a consacré à l'étude des judaïcités contemporaines de très nombreux ouvrages.

  • Quelles furent les réactions de l'opinion juive face à l'affaire Dreyfus ? La fièvre antisémite ne risquait-elle pas de déstabiliser les convictions républicaines des tenants de l'Israélitisme ? Dès 1895, une poignée de dreyfusards de la première heure, parmi lesquels le grand rabbin Zadoc Kahn et Isaïe Levaillant, se mobilisèrent dans le but de réveiller les consciences.
    Par la suite, les juifs vont vivre intensément cette tragédie de la Belle Epoque. Marcel Proust et Sarah Bernhardt, entre autres, soutinrent la cause du capitaine. A l'aide d'archives inédites et de travaux récents, Philippe E. Landau, docteur en histoire contemporaine et conservateur des Archives du Consistoire central des Israélites de France, retrace l'évolution de l'attitude juive face à l'affaire qui a si profondément marqué la société française.

  • De Maïmonide à Hannah Arendt en passant par Ibn Gabirol, Yehuda Halévi et Rosenzweig, ce recueil d'articles donne un panorama époustouflant de la philosophie juive à travers les âges. Esther Starobinski-Safran nous fait voyager à travers l'hébreu, l'allemand et le français pour nous révéler la richesse et la diversité de cette tradition.

  • André Neher restera un des grands maîtres à penser du judaïsme, un des rares qui a su présenter un enseignement complet de la Torah, dans l'idée mais aussi dans le vécu. Exégète, humaniste, historien, philosophe, Juif de l'espoir après la Shoah, sioniste, sa vision est englobante. Il a été à la fois rabbin, professeur d'Université, créateur et titulaire de la première chaire d'études juives dans l'Université française, maître dans les Colloques des intellectuels juifs de langue française et dirigeant au Congrès juif mondial. Ses livres et son enseignement font briller la pensée juive de toute sa complexité, dans son intériorité profonde mais également dans son action. Car le message « néhérien » n'est pas lettre sèche, il vit en tous ceux qui ont été ses élèves en France, dans cette génération de l'après-Shoah, à laquelle il a réappris à vivre en juif, pleinement, journellement et au plus haut niveau. C'est à ce message juif, complet et vivant, que Raniero Fontana rend hommage dans cette somme. Il nous offre des analyses érudites sur les livres les plus importants d'André Neher, mais surtout il opère ce vaste tour d'horizon qui est si nécessaire pour appréhender la richesse et l'ouverture d'esprit de l'oeuvre du maître.

  • Le concile Vatican II n'a pas seulement transfiguré le catholicisme romain : à travers la décision conciliaire Nostra aetate, il a opéré une révolution complète des rapports entre judaïsme et christianisme, dont on n'a pas encore mesuré aujourd'hui tous les effets.
    Tournant résolument le dos à un antijudaïsme qu'on aurait pu croire consubstantiel au dogme, reconnaissant la pérennité de l'Alliance contractée par Dieu avec le peuple juif et ouvrant la voie à une compréhension neuve de la judéité de Jésus, Nostra aetate constituait pour les juifs comme pour les chrétiens une « bonne nouvelle » qui mit du temps à se faire entendre. Ce document ne résolvait pas non plus tous les contentieux anciens comme modernes. Au cours du demi-siècle suivant surgirent des tensions, que ce soit à propos de la position du Saint-Siège vis-à-vis d'Israël ou lors de l'affaire du carmel d'Auschwitz, mais aussi à l'occasion de la béatification d'Edith Stein, de celle de Pie XII ou, très récemment, de l'évêque intégriste et négationniste Williamson.
    Mais les choses avancent.
    Jean Dujardin fait le point sur ces cinquante ans d'histoire, aussi bien au niveau des autorités religieuses que du point de vue des anonymes qui, au sein des communautés, oeuvrent au quotidien pour une meilleure compréhension de l'autre.

  • Au XVIème siècle, la Terre sainte au pouvoir des Turcs fut revivifiée par un afflux de juifs expulsés d'Espagne (1492) et du Portugal (1496).
    Ses villes et ses campagnes se repeuplèrent et bourdonnèrent d'activités nouvelles. Deux tentatives de restauration politique et économique virent le jour, l'une à Safed avec Jacob Bérab, l'autre à Tibériade avec la seûora et Joseph Nassi. Sous l'impulsion de ses kabbalistes, Safed exerça bientôt une autorité spirituelle sans partage avec la diffusion en Europe des doctrines d'Isaac Luria Ashkenazi, A-K ha-qadosh.

  • Le Maghreb juif autour de 1850, un petit monde baroque, coloré, déroutant, pathétique. Un univers encore pétri de traditions, une intimité millénaire avec l'islam, conflictuelle ou conviviale. C'est cette société, ses valeurs, ses signes, son quotidien qui sont ici saisis, reconstitués, explicités, avant l'irruption fracassante de l'Occident et de sa fébrile modernité.

    Jacques Taïeb, agrégé de sciences sociales, ancien professeur d'histoire et géographie, enseigne les sciences économiques et sociales au lycée La Fontaine à Paris. Il est l'auteur d'un ouvrage et d'articles sur le Maghreb, et membre du comité de rédaction des Nouveaux Cahiers.

  • Rabbi Nahman de Braslav est un des plus grands maîtres de la tradition hassidique, ce mouvement mystique juif fondé sur la joie né en Europe orientale au XVIIIe siècle. Ses enseignements les plus profonds, il ne les a pas dispensés dans des essais, mais dans des contes, dont les sens multiples peuvent toucher toutes les âmes, à tous les âges. Le plus connu de ces contes narre l'histoire du fils d'un roi et du fils d'une servante échangés à la naissance et dont les destins se croisent : symbole de l'exil du peuple juif et de sa marche vers la délivrance, mais aussi symbole de l'exil de l'âme en ce monde et de son progrès vers son Père, le Roi céleste.
    Les rabbins Josy Eisenberg et Daniel Epstein nous font revivre cette histoire qui est la nôtre, en en explorant les secrets, les messages, les harmoniques.

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