Pierre Bayard

  • On ne cesse de critiquer les informations fausses, en méconnaissant tout ce qu'elles apportent à notre vie privée et collective. Elles ne sont pas seulement, en effet, source de bien-être psychologique, elles stimulent la curiosité et l'imagination, ouvrant ainsi la voie à la création littéraire comme aux découvertes scientifiques.
    Ce livre prend leur défense.

  • L'étude des différentes manières de ne pas lire un livre, des situations délicates où l'on se retrouve quand on doit en parler et des moyens à mettre en oeuvre pour se sortir d affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos d'un livre que l'on n'a pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un qui ne l'a pas lu non plus.

  • Même s'ils n'ont pas lu le chef-d'oeuvre d'agatha christie, le meurtre de roger ackroyd, de nombreux lecteurs, surtout parmi les amateurs de romans policiers, connaissent le procédé qui l'a rendu célèbre et croient pouvoir affirmer : l'assassin est le narrateur.
    Mais est-ce si sûr ? comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s'organise autour d'un récit unique, celui du prétendu criminel ? et qui peut dire qu'hercule poirot, dans son euphorie interprétative, ne s'est pas lourdement trompé, laissant le coupable impuni ?. roman policier sur un roman policier, cet essai, tout en reprenant minutieusement l'enquête et en démasquant le véritable assassin, s'inspire de l'oeuvre d'agatha christie pour réfléchir sur ce qui constitue la limite et le risque de toute lecture : le délire d'interprétation

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  • Les personnages littéraires ne sont pas, comme on le croit trop souvent, des êtres de papier, mais des créatures vivantes, qui mènent une existence autonome à l'intérieur des textes et vont jusqu'à commettre des meurtres à l'insu de l'auteur.
    Faute de l'avoir compris, Conan Doyle a laissé Sherlock Holmes se tromper dans sa plus célèbre enquête, Le Chien des Baskerville, et accuser à tort un malheureux animal, permettant au véritable assassin d'échapper à la justice. Ce livre rétablit la vérité.


    Il est question de mener une enquête sur l'enquête. Jeu jubilatoire dès qu'il aboutit, et c'est bien le cas, à une parfaite inversion des rôles : l'innocente victime s'avère diabolique meurtrière et l'assassin prétendu se révèle n'être qu'un brave collectionneur de papillons. Disons-le net : d'un bout à l'autre, la maestria de Bayard est confondante, et Sherlock a visiblement tout faux. Voilà certes qui donne à penser. Où va-t-on si les plus grands justiciers se fourrent le doigt dans l'oeil ? Si tant de crimes restent impunis ? Si d'innocentes victimes sont condamnées à jamais ?

    Philippe Lançon, Libération

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  • Aucun lecteur sensé ne peut croire en la solution invraisemblable proposée à la fin du célèbre roman policier Dix petits nègres.
    En donnant la parole au véritable assassin, ce livre explique ce qui s'est réellement passé et pourquoi Agatha Christie s'est trompée.

  • Pour quelqu'un de ma génération, né après la Seconde Guerre mondiale et désireux de savoir comment il se serait comporté en de telles circonstances, il n'existe pas d'autre solution que de voyager dans le temps et de vivre soi-même à cette époque.
    Je me propose donc ici, en reconstituant en détail l'existence qui aurait été la mienne si j'étais né trente ans plus tôt, d'examiner les choix auxquels j'aurais été confronté, les décisions que j'aurais dû prendre, les erreurs que j'aurais commises et le destin qui aurait été le mien.

  • Si tout grand créateur est une énigme, aucun ne l'est autant que le célèbre écrivain russe Léon-Fiodor Tolstoïevski.
    Qui mieux que cette personnalité multiple, auteur de romans aussi différents qu'Anna Karénine et Crime et châtiment, ou Les Frères Karamazov et Guerre et paix, peut nous aider, en nous entraînant dans les profondeurs de l'âme slave, à résoudre la question principale de toute réflexion sur le psychisme : pourquoi suis-je plusieurs ?

  • Aucun texte littéraire n'a probablement suscité autant de lectures et d'interprétations qu'Hamlet et n'a fasciné à ce point les critiques, qui n'ont cessé de débattre des ambiguïtés et des contradictions de la pièce, s'interrogeant sur les circonstances mystérieuses dans lesquelles est mort le père du héros.
    Mais tous ces auteurs parlent-ils bien du même texte ? Ce dont témoigne Hamlet, en raison du nombre de ses commentaires, est de la difficulté, dans l'échange littéraire, à éviter le dialogue de sourds. Il est en effet impossible, quand nous discutons d'une oeuvre, de sélectionner des passages identiques, de les percevoir à travers des théories semblables, d'inventer des questions qui ne soient pas marquées par une époque et par la personnalité de celui qui les pose. Bref, de parler de la même chose que les autres lecteurs.
    Trouver la solution à ce problème du dialogue de sourds est pourtant un passage obligé si nous voulons reprendre l'enquête inachevée sur la mort du père d'Hamlet. Et tenter, en reconstituant ce qui s'est passé il y a cinq siècles à Elseneur, de résoudre l'une des plus vieilles énigmes criminelles de la littérature mondiale.

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  • L'étude des différentes manières de ne pas voyager, des situations délicates où l'on se retrouve quand il faut parler de lieux où l'on n'a pas été et des moyens à mettre en oeuvre pour se sortir d'affaire montre que, contrairement aux idées reçues, il est tout à fait possible d'avoir un échange passionnant à propos d'un endroit où l'on n'a jamais mis les pieds, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu'un qui est également resté chez lui.

  • Aucun lecteur sensé ne peut croire en la solution invraisem­blable proposée à la fin du célèbre roman policier Dix petits nègres.
    En donnant la parole au véritable assassin, ce livre explique ce qui s'est réellement passé et pourquoi Agatha Christie s'est trompée.

    Ce livre est paru en 2019 sous le titre La Vérité sur "Dix petits nègres".

  • À suivre la théorie des univers parallèles, que prennent de plus en plus au sérieux les physiciens, je ne suis pas seulement en train d'écrire ce livre, mais aussi de diriger un orchestre symphonique, de mener une enquête à Scotland Yard et de faire l'amour avec une star de cinéma.
    Il est étonnant qu'une théorie aussi stimulante, illustrée par un grand nombre d'écrivains - comme Dostoïevski, Nabokov ou les soeurs Brontë - et qui permet de résoudre de multiples énigmes de la vie quotidienne, n'ait pas davantage retenu l'attention des chercheurs en sciences humaines. Ce livre entend combler cette lacune.

  • A l'image du romancier américain Morgan Robertson, qui raconta le naufrage du Titanic avec quatorze années d'avance, les créateurs semblent disposer d'un accès privilégié vers l'avenir, qui leur permet d'anticiper les guerres, les dictatures ou les catastrophes naturelles.
    Prendre la mesure de cette capacité prémonitoire ne devrait pas seulement inciter à leur confier des responsabilités politiques et à les associer aux recherches de la science, mais aussi à remettre en cause notre lecture des oeuvres ainsi que notre représentation de l'histoire littéraire et artistique.

  • De joachim du bellay à marguerite duras, les plus grands écrivains de notre littérature ont connu des moments de faiblesse et ont raté certaines de leurs oeuvres.
    Histoires aberrantes, personnages inconsistants, style boursouflé, vers boiteux - ces textes plongent tout lecteur sensé dans la consternation. comment ces auteurs en sont-ils arrivés là ? tenter de répondre à cette question conduit à interroger, avec l'aide de la psychanalyse, les mystères de l'acte créateur. si l'oeuvre parfaite, en effet, isolée dans sa plénitude, n'offre souvent que peu de prise à la réflexion, l'oeuvre ratée, par son échec même, dévoile une partie des mécanismes du génie.
    Soucieux d'être constructif et de tirer toutes les conséquences de ses hypothèses théoriques, cet essai propose aussi des améliorations concrètes. changements de forme, variations dans les intrigues, déplacements de personnages d'un livre à l'autre permettent d'imaginer, entre rêve de perfection et délire de réécriture, ce que ces oeuvres auraient pu être dans des mondes littéraires différents.

  • On ne cesse d'évoquer l'influence des écrivains et des artistes sur leurs successeurs, sans jamais envisager que l'inverse soit possible et que Sophocle ait plagié Freud, Voltaire Conan Doyle, ou Fra Angelico Jackson Pollock.
    S'il est imaginable de s'inspirer de créateurs qui ne sont pas encore nés, il convient alors de réécrire entièrement l'histoire de la littérature et de l'art, afin de mettre en évidence les véritables filiations et de rendre à chacun son dû.

  • Pour sauver de l'échafaud Geneviève Dixmer - l'héroïne du roman de Dumas et Maquet LeChevalier de Maison-Rouge -, dont je suis tombé amoureux dans mon adolescence, je ne vois qu'une solution : entrer moi-même dans le livre et devenir l'un de ses personnages.

    Transporté sous la Révolution, je serai alors confronté à une série de dilemmes éthiques, que la période rend encore plus sensibles (« La fin justifie-t-elle les moyens ? », « Peut-on sacrifier une personne pour en sauver plusieurs ? », « Devons-nous assistance à tous ceux que nous croisons ? ».), et qui peuvent se réduire à la question, aussi déterminante aujourd'hui qu'hier : « Qu'est-il juste de faire ? »

  • Alors que la psychanalyse appliquée recourt à des modèles constitués pour lire les oeuvres littéraires - avec le risque de donner toujours des résultats identiques -, la méthode que nous présentons ici, appelée littérature appliquée à la psychanalyse, recherche dans les oeuvres et dans leurs représentations singulières de la vie psychique des éléments permettant de construire de nouveaux modèles.
    En effet, d'Homère à Chrétien de Troyes et de Shakespeare à Proust, les écrivains ont proposé sur nous-mêmes des hypothèses qui ne se confondent pas avec celles de la psychanalyse. Plutôt que d'interpréter leurs oeuvres au moyen d'une théorie extérieure, pourquoi ne pas prendre au sérieux leur capacité de penser ce qui nous échappe, en prolongeant leurs intuitions et en mettant en forme les théories originales qu'ils esquissent ?
    Il est vrai qu'une telle méthode n'a guère de chance de fonctionner. Mais si ce projet se révèle impossible pour une série de raisons que ce livre détaille, un travail de réflexion sur une méthode inopérante - alors que sont sans cesse privilégiées les méthodes efficaces - permet d'étudier avec précision les contraintes que la critique exerce sur le texte et les difficultés qu'elle rencontre, mais aussi ses motivations inconscientes et son noyau de délire, bref d'interroger l'acte de lecture.

  • Demain est écrit

    Pierre Bayard

    Ce livre s'inscrit dans le prolongement des précédents, qui visent tous, en réfléchissant sur des paradoxes de la littérature, à nous en faire percevoir des dimensions cachées, et espèrent par là rectifier quelques préjugés, voire corriger quelques injustices. J'ai ainsi dans deux ouvrages - Qui a tué Roger Ackroyd ? (1998) et Enquête sur Hamlet (2002) - révélé, preuves à l'appui, qu'il arrivait à des écrivains de se tromper sur les auteurs des meurtres qu'ils racontent et de laisser en liberté les véritables assassins. Dans Comment améliorer les oeuvres ratées ? (2000), j'ai ouvert un vaste chantier de refonte de la littérature, en partant de cette constatation que même les plus grands auteurs peuvent avoir leurs moments de faiblesse et qu'il revient alors au critique de se substituer à eux. Enfin, dans Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? (2004), j'ai essayé de montrer que la littérature ne devait pas seulement servir à confirmer les thèses freudiennes, mais pouvait elle-même aider à inventer de nouveaux modèles psychologiques.
    Au titre des préjugés qui nuisent à notre accès à la littérature on peut ranger cette idée trop répandue que les oeuvres puiseraient leur inspiration dans ce qui les précède. Mais pourquoi ne s'inspireraient-elles pas également de ce qui les suit ? Chacun connaît des exemples où il est manifeste que l'écrivain avait à l'esprit des événements non pas antérieurs, mais postérieurs à l'oeuvre qui les raconte. Ainsi Rousseau prend-il exemple sur Sophie d'Houdetot pour créer la Julie de La Nouvelle Héloïse, même s'il ne rencontre Sophie qu'après la création de Julie. Émile Verhaeren, pour décrire avec justesse les trains terrifiants qui traversent ses poèmes, n'hésite pas à s'inspirer de l'accident ferroviaire qui lui coûtera la vie. L'oeuvre de Virginia Woolf ne baignerait pas autant dans un imaginaire de l'eau et de la mort si elle n'avait su tirer parti de ce que lui avait enseigné son futur suicide. Et Maupassant ne décrirait pas avec une telle justesse la folie dans Le Horla si lui-même, quelques années plus tard, n'en avait fait la douloureuse expérience.
    Pour comprendre que des textes littéraires puissent décrire des événements postérieurs, ce livre examine plusieurs hypothèses. Les hypothèses paranormales - qui postuleraient l'existence de forces que nous ne connaissons pas - ne sont pas à exclure, mais elles ne sont pas les seules. Les esprits forts se rallieront ainsi aux hypothèses rationnelles et feront remarquer que nous prêtons attention aux coïncidences, mais délaissons les nombreux épisodes de la vie des écrivains qui n'ont pas été annoncés dans les oeuvres. Les psychanalystes mettront l'accent sur la place du fantasme, qui, en se traduisant à la fois en textes et en événements, peut laisser croire que les premiers ont provoqué les seconds. Et on ne peut non plus oublier l'hypothèse selon laquelle la littérature, fonctionnant comme une plaque sensible, serait à même de capter les débuts de séismes psychiques, inaperçus de l'attention consciente.
    Quelle que soit l'hypothèse à laquelle on se rallie pour expliquer ces phénomènes, il est important d'en tirer toutes les conséquences dans notre lecture des oeuvres. Ce livre se propose ainsi d'inventer de nouvelles formes de conjugaison permettant de faire sentir que certains événements se situent à la fois dans le passé et dans l'avenir. Il s'attarde aussi à remettre en question notre conception traditionnelle du déterminisme, prisonnière de ce postulat que les causes précéderaient nécessairement les conséquences, alors que les exemples du contraire abondent en littérature. Il propose de reconstruire la stylistique autour de cette idée que les images et les figures d'un texte ne doivent pas seulement être pensées par rapport au passé mais aussi en fonction de l'avenir qu'elles préfigurent.
    C'est peut-être dans le champ de la connaissance historique que cette méthode peut le mieux porter ses fruits. Elle devrait permettre en effet, pour des auteurs des siècles précédents que nous connaissons mal, de deviner des événements de leur existence que leurs textes annoncent, voire des événements qui allaient se produire, mais que la mort les a empêchés de connaître. Ainsi est-il possible de raconter avec une assez grande précision la rencontre de Kafka avec la femme qui allait bouleverser sa vie, rencontre dont ses textes donnent une description précise, mais que la mort du romancier a rendue impossible.
    Il n'est pas jusqu'au genre biographique qui ne mériterait d'être réévalué à la lumière de cette méthode. Le livre comporte ainsi une biographie de Wilde écrite dans le bon sens, c'est-à-dire de la fin vers le commencement. On y voit clairement comment, des dernières années de prison jusqu'à la rencontre avec Alfred Douglas "l'amant maléfique", de cette rencontre jusqu'à sa description deux ans « avant » dans Le Portrait de Dorian Gray, et du Portrait aux années de jeunesse et d'enfance, tous les faits de vie et d'écriture s'enchaînent avec une parfaite logique à condition de les saisir de l'avenir vers le passé, chacun entraînant celui qui précède. Et comment à l'évidence, là encore, demain est écrit.

  • En s'obstinant à penser qu'une oeuvre a toujours le même auteur et ne peut en changer, on se prive de découvertes passionnantes comme L'Étranger de Kafka, Autant en emporte le vent de Tolstoï ou Le Cuirassé Potemkine d'Alfred Hitchcock.

  • Proust est trop long.
    Tirant les conséquences logiques de cette constatation qui décourage de nombreux lecteurs potentiels, ce livre se propose de réduire la recherche en supprimant les digressions. un tel projet implique, comme préalable, de réfléchir sur la figure de la digression, injustement méconnue par la rhétorique. toute une série de questions se posent alors, portant sur l'essence même de la littérature. quand, par exemple, peut-on dire d'un texte qu'il est trop long ? existe-t-il des passages inutiles ? comment glisse-t-on d'une idée à l'autre ? et surtout, au point de rencontre entre la littérature et la psychanalyse - qui donnent à la notion de sujet une acception différente -, que signifie être hors sujet ?.

  • Ne voir dans Les Liaisons dangereuses qu'un roman libertin, faire de son auteur un autre Sade, c'est à la fois se tromper sur ses intentions et sa personnalité, et méconnaître combien le livre, notamment par sa conception du langage et de la psychologie, appartient à notre modernité. Sur la perception contradictoire du réel, sur la théorie de la dénégation et son dépassement nécessaire vers une rhétorique de l'inconscient, sur l'emprise et la perversion, il faut lire Freud à la lumière de Laclos, non l'inverse.

  • Que serait-il arrivé si Freud, en élaborant la psychanalyse, avait tenu compte de l'oeuvre de Maupassant, son contemporain ? Sa théorie n'aurait-elle pas été marquée davantage par le modèle de la psychose ? N'aurait-il pas accordé une attention plus grande à la question de l'identité, au détriment de celle de la sexualité ?
    Ce livre, qui essaie de lire Freud avec l'aide de Maupassant, est consacré à l'étude minutieuse d'une théorie qui n'existe pas. Les théories virtuelles présentent un intérêt non négligeable : elles donnent à réfléchir sur la constitution du théorique et sur toutes les possibilités mort-nées, qui auraient pu exister si la théorie constituée, par la clarté aveuglante de ses évidences, n'avait conduit à les exclure.

  • Oedipe n'est pas coupable Nouv.

  • Lire avec Freud

    Pierre Bayard

    • Puf
    • 1 Novembre 1998

    En fondant la textanalyse, Jean Bellemin-Nol a dbarrass la critique freudienne de l'crivain. Les dbats suscits par ce geste, comme par la notion d'inconscient du texte, ne peuvent dissimuler l'influence de la textanalyse et sa remarquable fcondit : la dcision de lire sans auteur s'est impose dans le champ des lectures freudiennes.

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