Michel Etchebarne

  • Toute langue a une terminologie de parenté comprenant de vingt à trente mots en moyenne, qui permettent de désigner le père, la mère, le frère, la soeur, etc. Ces terminologies sont de véritables témoins de l'histoire des sociétés, et il n'est pas rare qu'en leur sein coexistent des termes d'une grande ancienneté et d'autres de création plus récente ou empruntés à d'autres langues. À travers l'exemple du basque, seule langue non indo-européenne d'Europe de l'Ouest, la présente étude montre que les terminologies de parenté européennes ont connu depuis l'Antiquité un vaste mouvement de renouvellement convergent, si bien qu'aujourd'hui la plupart d'entre elles ont adopté un même type de terminologie, auquel les anthropologues ont donné le nom de « type eskimo ». L'ouvrage a pour objectif de mieux comprendre les divers aspects de cette évolution des langues et des sociétés en Europe.

  • La présente étude vise à donner une certaine idée de la façon dont la langue basque a changé au cours des deux millénaires écoulés. L'absence de langue apparentée connue et la rareté des archives antérieures au XVIe siècle obligent dans ce contexte à utiliser un plan de travail basé sur la reconstruction interne, les études diachroniques générales et la typologie. Après avoir présenté le diasystème basque contemporain et les principaux acquis et hypothèses des études diachroniques basques, l'étude procède en deux temps : elle propose des amorces de scénarios de changement d'origine interne puis tente de comprendre comment et dans quelle mesure des phénomènes de diffusion aréale ont pu jouer un rôle dans l'évolution du diasystème basque. L'étude se conclut par un bilan problématisé de l'évolution supposée du diasystème basque pendant la période étudiée.

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