Sciences humaines & sociales

  • A peine 40 000 habitants au centre de la Côte d'Ivoire, les Yohouré ont su créer un art singulier : alors que tous les peuples voisins attribuent des valeurs de puissance et de menace à des masques animaliers couverts de sang coagulé, les Yohouré, eux, confèrent les mêmes forces de sacralité et d'effroi à des visages humains raffinés, aux lignes virtuoses.
    Matérialisant des divinités ambivalentes, à la fois bienveillantes et maléfiques, ces masques, qui sont des charmes, visent à les conjurer. La meilleure façon de les rendre favorables ? Les mettre dans son jeu, les enchanter, les faire participer à des chorégraphies qui régulent leur énergie. C'est au cours de cérémonies nocturnes que les célébrations sont les plus grandioses, lorsque les danseurs, galvanisés, virevoltent à la lumière des torches. L'exaltation mystique restitue alors une souveraineté purificatrice aux esprits surnaturels que les masques sont chargés de symboliser.

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